Partager la publication « Une comparaison « raisonnable » entre un moteur de voiture et un citoyen de Fukushima-city »
Au cours d’une conférence sur la santé publique donnée devant l’APHA (Association Américaine de Santé Publique) à Washington D.C. le 31 octobre, M. Marco Kaltofen a présenté le sujet de sa thèse de Doctorat en ingénierie environnementale. Nous avions déjà évoqué cette conférence peu après sa tenue, mais à la suite de la publication de sa vidéo intégrale sur le site fairewinds.com, quelques éléments insuffisamment commentés à l’époque nous ont sauté aux yeux. Nous vous les proposons en détail ci-dessous et vous invitons, si le problème de la contamination par des particules « chaudes » vous concerne à consulter la vidéo ou les liens en bas d’article.
Affirmation n°1 :
La dose radioactive reçue par exemple lors d’un vol transatlantique ne peut être rapprochée de la contamination par des particules radioactives.
Ce sont deux domaines bien différents ; la contamination est le fait de faire pénétrer dans un organisme vivant un « concentré » de radioactivité dans un volume très faible ; la particule radioactive présente en effet la particularité d’être approximativement de la taille d’une cellule humaine et cette similitude d’échelle explique en partie pourquoi la particule contaminante peut, vue du point de vue de la cellule humaine à proximité, être tout sauf une « faible dose ».
D’un point de vue scientifique, il semble tout à fait invraisemblable de comparer, à dose équivalente, une exposition uniforme de l’ensemble d’une entité humaine (corps entier) à la même dose confinée à quelques cellules seulement de ce même corps ; l’échelle n’est simplement pas la même et les effets sont notoirement différents.
C’est pourtant la comparaison qui est fréquemment utilisée par certains pour défendre l’idée que la radioactivité est « partout ». Peut-être, mais encore une fois, ce n’est pas l’avis de la cellule qui se trouvera placée à proximité d’une masse globalement équivalente à elle et qui la « bombardera à vue » pendant un certain temps.
En outre, si la particule radioactive présente une taille inférieure à 10 microns (10 millionièmes de mètre soit 0.01 mm) elle présentera en outre la particularité de se fixer dans les sacs alvéolaires pulmonaires d’où 25% d’entre elles seront difficiles voire impossibles à déloger.
Affirmation n°. 2 :
Un moteur de voiture « respirera » approximativement autant qu’un être humain présentant une activité moyenne : de 10 à 30 m3 par jour
Vous voyez très certainement ou le conférencier veut en venir : analyser l’activité particulaire d’un filtre à air de véhicule donnera une bonne indication sur ce que des poumons humains placés au même endroit pourront contenir comme particules radioactives. Après avoir placé le filtre au contact d’un film photographique « X-Ray », un simple examen au microscope électronique suivi d’un comptage permet de visualiser les particules sur le filtre et d’en déduire une quantité équivalente dans une paire de poumons humains. Les trois photos ci-dessous présentent 3 filtres à air de 3 véhicules ayant circulé en avril 2011 respectivement à Seattle, état de Washington, USA ; à Tokyo, Japon et à Fukushima-City, 60 Km au Nord-Ouest de la centrale de Fukushima-Daiichi.
Montre-moi tes chaussures et je te prédirai ta radioactivité
Les baskets portées par des enfants de Fukushima (Kanamaya ?) contiennent 160 fois plus de radio-césium que les baskets-témoin. L’idée de mesurer l’activité présentée par une simple paire de souliers d’enfant est évidente : ces dernières foulent le sol, remuent la terre et s’imprègnent de radioéléments. Les lacets et les semelles semblent être les zones ou la radioactivité se niche de préférence sur les chaussures.
Les baskets de Fukushima affichent un débit de dose de 0.5 µSv/h (0.11 pour le témoin).
Affirmation n°. 4 :
Les zones d’évacuation ne correspondent pas aux zones de contamination
La zone d’exclusion obligatoire de 20 Km n’est pas adéquate ; certaines parties sont peu touchées alors que d’autres zones situées en-dehors sont bien plus atteintes. Des personnes semblent avoir été évacuées dans des zones plus contaminées que celles d’où elles venaient ! Le conférencier indique enfin que la zone d’exclusion envisagée par la NRC (autorité de régulation nucléaire aux USA est fixée par défaut en cas d’accident similaire à 10 miles, soit 18 Km autour du point accidentel. Ceci semble peu, très peu…
« Étoile » provoquée par une particule chaude unique Alpha dans un poumon de singe
Grossissement : 500x, durée d’exposition : 48h, radionucléide : Plutonium
D.R. : Del Tredici, 1997
Bibliographie :
Radiation exposure to the poulation in Japan after the eartquake, M. Kaltofen, fukushima update, 31/10/2011
Hot Particle measuring techniques and applications, Eriksson, AIEA, 2007
La part Canadienne de l’héritage de la guerre froide, cnp.ca
Biophysical & biological effects of ionizing radiations, NATO, 1994

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