Détection : un nouveau radiamètre Gamma affichant une « portée de détection » de 20m

Un nouveau système de radiamétrie Gamma vient d’être développé par Hitachi / GE (1). Cet équipement permettra de contrôler des surfaces de terrain de 20 m de diamètre en une seule passe et en quelques secondes. En cas de détection d’un débit de dose moyen élevé dans cette zone de détection, un second programme de l’appareil permettra de localiser plus finement la source de l’irradiation Gamma (2) en quelques minutes.

A l’opposé des méthodes de surveillance et de recherche de radiation actuels qui nécessitent de survoler l’ensemble des surfaces à mesurer en passes « serrées », ce qui peut parfois prendre un temps énorme quand les surfaces à contrôler sont importantes, le nouveau système permettra d’effectuer des relevés de dosimétrie ambiante beaucoup plus rapides, les « points de mesures » étant nettement restreints du fait de la « portée » plus importante de l’appareil de détection.

L’appareil développé utiliserait un scintillateur « plastique » associé à une fibre optique et un système de photo-multiplication qui permettrait également à l’appareil d’être exploité dans un milieu liquide le cas échéant.

Source : Denki Shimbun, 29 mai, anglais

Notons que ce système de détection ne peut évaluer que les rayonnements Gamma (et X-Ray ?) et restera totalement insensible aux rayonnements Alpha et Bêta qui semblent cependant représenter au moins une partie des « hotspots » actuellement détectées au Japon suite aux retombées de l’accident de Fukushima. C’est par exemple le cas des actinides dits « majeurs » (3) relâchés suite à la fusion des cœurs et aux déconfinements et qui émettent majoritairement des radiations Alpha.

Il semble hélas que les ingénieurs Hitachi / G/E ne se soient pas trop promenés sur le terrain, matériel de détection à la main, et en soient restés au vieux schéma de la contamination accidentelle due « majoritairement » aux produits de fission et d’activation. Hélas, les radiations Alpha sont également dispersés en grande quantité sur le terrain et pas seulement dans les environs proches de la centrale accidentée mais jusqu’à Iwaki (40 km) et Itate-Mura (40 km) ; on a également retrouvé du Plomb-210 (un des rares émetteurs Bêta de la chaîne de l’U238) à Yokohama (250 km).

Notre avis : Les caractéristiques chimiques des actinides étant très différentes de celle des noyaux « moyens » (les produits de fission comme les Césiums, le Strontium…) leur dispersion dans la nature peut être fondamentalement différent aussi « prospecter » exclusivement les rayonnements Gamma sur le terrain ne nous semble pas être une réponse appropriée pour certifier la présence ou l’absence de contamination.

(1) General Electric, le constructeur américain de l’unité n°. 1 de Fukushima-Daiichi, s’est associé au Japon dans une Joint-Venture avec Hitachi en 2007
(2) Par « paliers » de 10cm
(3) L’Uranium 238 « fertile » par exemple, dont la masse représente plus de 95% du combustible « neuf » cf. M. Ammerich ;)

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  • Géologue

    Arrêtez les sarcasmes sur le fait que ce compteur ne « voit » que les gamma et les béta.
    Les alpha ne parcourent, pour les plus énergétiques, qu’environ 10cm dans l’air ! Alors à 20 m ….
    Ceci dit, une désintégration alpha peut être accompagnée d’émissions gamma.

  • http://profile.typepad.com/6p015433c24917970c trifouillax

    Totalement inexact par exemple pour l’U-238 : aucune filiation Gamma directe, le schéma figure 5 cm au-dessus de votre commentaire.
    D’autre part, ce « machin » ne détecte que les Gamma car il ne voit que les photons, les particules Bêta et Alpha étant invisibles sur le spectre électromagnétique.
    Du combustible dans la nature au Japon, il y a en a des tonnes dispersés sous forme particulaire, sans doute bien plus en masse brute que les produits de fission.
    Alors c’est facile, on contrôle les Gamma (bien au chaud depuis un avion ou avec le nouveau joujou renifleur de GE) et on loupe lamentablement une majorité des retombées.
    Voyez par exemple les 170 CPM d’Alpha contrôlés à Niigata, 200 Km à l’Ouest de la centrale : http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=3Y3VAgfn21k#!
    Cordialement,
    Trifou

  • Géologue

    Tu te goures Trifou.
    Il faut distinguer les désintégration radioactives avec éjection de rayonnements ayant une masse au repos (alpha, béta, neutrons, CE, fission) qui donnent à la fin un atome différent du début, car le nombre de proton s’est modifié (et c’est le nombre de proton qui caractérise telle ou telle espèce d’atome) et l’émission d’un gamma, qui n’est qu’une manière pour un atome d’évacuer un surplus d’énergie, avant ou après une désintégration, sans que la nature de l’atome ne change.
    Dans la série de l’uranium, ce sont les produits de fin de filiation qui émettent les gamma les plus énergétiques. C’est pour ça qu’on peut prospecter en avion, avec un gros cristal de NaI posé sur le plancher, entouré de tubes photomultiplicateurs qui comptent les photons générés par les gamma dans le cristal.
    Par exemple,en restant dans la filiation de U238, la désintégration alpha1 du Radium 226 (en compétition avec celle de fondamental à fondamental) est suivie par un gamma à 635kev.
    dans la chaine »" de Uranium, les « plus gros contributeurs gamma » sont les descendants de 222Rn, 214Pb et 214 Bi.
    A ta disposition pour plus de précision.
    Tiens, un document qui permet de comprendre les problèmes de mesure : http://www.nucleide.org/Gamma_spectro/NT_08-30_Mode_operatoire_Phosphogypse.pdf

  • http://profile.typepad.com/6p015433c24917970c trifouillax

    Mouaip ta transition Gamma du Radium-226 à 635.47 KeV si j’interprète bien le schéma de désintégration, c’est « peanuts » avec 0.00027% de l’énergie moyenne ?
    Sinon, en poursuivant sur l’exemple de l’U-238, oui, les PB-214 et Bi-214 permettent d’identifier le Radon avec une sonde Gamma et un simple « piège » à poussières grâce à leur signature ni trop longue ni trop courte (20 à 30 minutes). C’est une expérience bien connue et décrite ici : http://www.gen4.fr/blog/2011/12/ca-cr%C3%A9pite-pas-mal-ce-soir-suite.html
    Mais entre nous, si on dispose d’une bonne sonde Alpha, ne serait-il pas plus efficace de rechercher directement, donc obligatoirement « en rampant », le rayonnement Alpha global de l’U-238 qui est de loin le plus costaud : 4.2 MeV d’Alpha pour 10 KeV de Bêta et 1.4 KeV de Gamma ?
    Les astronomes, s’ils avaient le choix, préféreraient-ils observer de très loin à travers des instruments très imparfaits ou alors mettre le nez directement sur le sol de l’objet qu’ils observent ? En fait, ils n’utilisent la réponse instrumentale que parce qu’ils ne peuvent s’approcher de l’objet de leur convoitise… Or, sur le sol du Japon, on peut y aller, il suffit d’y mettre les moyens et le temps, c’est juste un problème de volonté politique, je veux dire, une volonté affichée de vraiment rechercher la contamination par les noyaux lourds. Ah, j’oubliais, ils ne sont pas sensés se balader à plus de 3,2745 cm des confinements… LOL
    Merci en tout cas pour ces agitations électroniques,
    Trifou

  • Géologue

    Non, c’est à la foi plus simple et plus compliqué. Toutes ces histoires ont à voir avec la vraie vie. Les alpha sont arrêtés par un grain de poussière. Ça ne sert donc à rien de les renifler au raz des pâquerettes : on peut passer à côté de taches de contamination importante. C’est pour cela que c’est plus intéressant de mesurer les gammas.

  • http://profile.typepad.com/6p015433c24917970c trifouillax

    Les militaires ont des « Survey-Meter » large bande qui détecteront tout type de rayonnement, un agenda généralement assez peu rempli et un personnel « rampant » qui fera rarement défaut à cette tâche longue mais précieuse !
    Dans les appareils « civils » un LB124S ferait parfaitement l’affaire avec sa fenêtre de 300 cm2, il détecterait facilement tout type de radiation.
    Je suis sûr que la carte au sol n’aurait rien à voir avec la carte de l’avion « renifleur » mais ceci aurait sûrement des conséquences sur le travail de « décontamination » de nouveaux points chauds. Et si la contamination « glisse » à chaque pluie / vent / neige, la carte aurait un drôle de tronche au fil des mois !
    Je suis intimement convaincu que c’est une décision politique « habillée » par des arguments scientifiques. Enfin… Évacuons le sujet momentanément, il se représentera probablement plus tôt que l’on ne croit.
    Cordialement,
    Trifou

  • Biwa

    Combiné à un drone on devrait avec ce système parvenir à des cartographies détaillées et complètes de chaque rue, trottoir, cour de récréation, parc, jardin, etc…

  • Géologue

    C’est effectivement le type de solutions qu’il va falloir mettre en œuvre, en concurrence avec d’autres. Effectivement, la contamination générale va baisser,, au profit de points chauds mobiles pour certains, immobiles pour d’autres.

  • Biwa

    Il y a peut être plus simple et moins cher : le « plastic scintillation fiber » : un détecteur qui a la forme d’un cable d’un milimètre de diamètre et qui peut faire jusqu’à 20 m de long qu’on déplace à une vitesse de 10 cm/seconde : http://www.jaea.go.jp/fukushima/other/2012-0528.pdf

  • Géologue

    je vois que vous lisez le japonais dans le texte.

  • http://profile.typepad.com/6p015433c24917970c trifouillax

    Ton « gros » cristal de NaI loupera magistralement les Photons basse énergie à cause du bruit de fond. J’ai l’exemple du Tritium en tête (plutôt émetteur X-Ray mou par radiation secondaire que Gamma mou d’ailleurs), il devrait en exister d’autres, plus significatifs.
    Alors qu’un bon vieux tube G/M pancake détectera tout depuis le sol, un gros NaI comme celui du TSM-470 (volume de 14 pouces cubes) loupera obligatoirement certains RN, surtout vu d’avion ! Cette dernière solution n’est qu’un mauvais compromis de rapidité et de sensibilité.
    Démonstration : par une petite vidéo « d’amateur » : http://www.youtube.com/watch?v=M-_4ijCPwTg&feature=related

  • jmdesp

    Trifouillax, sur certains points ce n’est plus contre Tepco que tu te bas, mais contre les lois de la physique.

    On peut imaginer que Tepco ment comme des arracheurs de dent sur le confinement des réacteurs, que tout est faux dans leur chiffres, reste encore à ce que l’explication alternative soit physiquement possible. Et sur le « tout est faux dans les chiffres de Tepco », les américains, les français, les autrichiens, un certain nombre de groupes critiques du nucléaire ont fait des simulation de rejets, ça recoupe à chaque fois plutôt bien. Avec une marge d’erreur certes, 30%, 50% mais quand même dans l’ensemble suffisamment bien pour conclure qu’on ne voit pas comment Tepco pourrait avait dissimulé quoi que ce soit de *vraiment* significatif.
    Avec les radiations, rien ne se cache. En novembre dernier, l’IRSN a su détecter des taux d’iode 131 de l’ordre d’1 atome par m3. Quelques jours plus tard, les résultats des calculs de rétro-propagation sont sorti, ça venait de Budapest. Les hongrois venait de reconnaitre qu’effectivement un de leurs labos d’expérimentation avait des soucis de confinement, mais n’avait pas dépassé les limites annuelles autorisées de rejet.

    Les mesure de Plutonium à distance de la centrale pose question, absolument, mais même en supposant que partout ailleurs où ça n’a pas été mesuré, il y a les même proportions de Plutonium montrées par la campagne en question, l’ordre de grandeur que cela donne c’est du coté du milligramme. Un milligrame de plutonium, c’est déjà beaucoup, mais toi là, tu écrit « des tonnes », « plus en masse brute que les produits de fission ».
    Quand le vrai chiffre est milligramme, et qu’on écrit tonne, on ne fait pas de l’information, on vend de la peur.

    Et beaucoup de question restent posées concernant ces mesures de plutonium. C’est une molécule extrêmement lourde, plus que le plomb. D’un point de vue physico-chimique, rien, strictement rien à voir avec parmi les dizaines de produits de fission qui existent, les 2 qui sont très facilement soluble dans l’eau, et donc très facilement transporté par la vapeur d’eau, soit l’iode et le césium. A Tchernobyl, la violence de l’explosion initiale a propulsé les débris à 2 km d’altitude. Malgré cela, la zone contaminée aux actinides lourds reste celle proche de la centrale, ça décroit très vite ensuite.

    Donc une forte dispersion de plutonium à l’extérieur de la centrale suppose une forte concentration à proximité, très concentrée, très facilement repérable, qui diminue rapidement en fonction de la distance. Dans le scénario, « on nous ment, on nous dissimule tout », il faut que même la CRIIRAD et l’ACRO soient complices, car ils ont fait des relevés de matière à pas mal d’endroits sans déceler quoi que ce soit qui les aurait fait bondir.

    Quand l’ACRO écrit « Les relevés effectués autour de la
    centrale ont aussi montré que très peu de plutonium est sorti, alors
    qu’en Biélorussie, la contamination en plutonium, très toxique, doit
    être prise en compte dans la délimitation des zones à évacuer », ils sont de mèche avec TEPCO ?

    • trifouillax

      Désolé, tu déformes les chiffres que j’avance : j’évoque des tonnes de « combustible » et non de « Plutonium » ; du Plutonium-239 il y en avait un peu plus d’une tonne dans l’inventaire des PF/A contenus dans les 3 réacteurs et dont je n’arrête pas de donner le lien : http://aipri.blogspot.fr/2012/04/inventaire-radiologique-et.html

      Quant à l’explosion du réacteur n°. 3, elle a projeté des blocs de béton de plusieurs tonnes à plusieurs centaines de mètres de hauteur (très facile à apprécier d’après la hauteur des stacks).

      En ce qui concerne la masse des fragments, si je calcule bien, les 8000 CPS de Pu-239 mesurés par Global Dirt à Iwaki (26 km au Sud de Daiichi) avec son SAM-940 ça ne fait pas loin de 2*10^4 Bq (à la louche) soit en tenant compte d’une activité massique de 2.3*10^9Bq/g pour le 239 une masse estimée approximativement à 8.7*10^-6 g soit environ 10 µg. Une particule de cette masse peut voyager assez loin, la réponse à l’impossible équation (d’après toi) tient dans la fragmentation importante du combustible. Il est évident – pour moi – qu’au-delà de PF volatils et de l’arnaque des gaz rares il y a eu des retombées particulièrement particulaires.

      J’attends donc avec impatience que quelqu’un m’explique – selon les lois de la physique puisque chacun semble s’y accrocher fermement – pourquoi cette particule de 10 µg de Pu-239 s’est formée et pourquoi elle est retombée en ce point précis et pas ailleurs. GD n’a pu faire qu’environ 3000 relevés et évidemment, n’a pas reçu d’autorisation pour pénétrer en zone rouge.

      http://www.andra.fr/pages/fr/menu1/les-dechets-radioactifs/la-radioactivite/niveau-d-activite-et-duree-de-vie-61.html

      Je ne commente pas / plus par rapport à l’accident de Tchernobyl, désolé, trop de pression et de passion sur cet évènement ;)

      Trifou