Partager la publication « Au Japon, la bataille des cancers radio-induits ne fait que commencer »
Selon l’Université de Stanford (USA), jusqu’à 1300 Japonais pourraient mourir d’un cancer radio-induit dans un délai de 50 années
Une étude publiée récemment par le Professeur Mark Jacobson et ses collègues de l’Université de Stanford prédit que les irradiations engendrées par la catastrophe de Fukushima-Daiichi pourraient engendrer de 15 à 1300 décès par cancer directement imputable à l’accident (moyenne : 642).
Toujours selon la même étude, la morbidité (1) par cancer radio-induit s’établirait entre 25 et 2500 pathologies (moyenne : 1237). La plupart de ces pathologies seraient limitées au Japon.
La même étude reprise par Kyodo News n’annonce déjà plus que 130 décès par irradiation
47News reprend dans la même étude ce que les chercheurs de Stanford appellent leur « meilleure estimation » qui ne reprend pas la moyenne arithmétique des écarts mais ce qu’ils pensent représenter la meilleure estimation, même si elle n’est pas forcément parfaite sur le plan statistique.
L’utilisation du modèle de variance habituelle dans ce type d’étude amène à obtenir des écarts très importants du fait d’un modèle mathématique de dispersion de la radioactivité autour du lieu de l’accident lui-même très imparfait mais également de la « remarquable imprécision » des études épidémiologiques précédentes sur les maladies radio-induites.
Alors, cette évacuation des populations : bénéfique ou maléfique ?
L’étude américaine revient également sur les problèmes sanitaires obligatoirement engendrés par l’évacuation de quelques 153.000 personnes : il semblerait, d’après ces premiers éléments, que le nombre de décès indirectement induits par les radiations (près de 600 personnes, âgées pour la plupart) s’avèrerait être supérieur à ceux qui auraient été induits par l’exposition à l’irradiation (zéro évacuation), estimés à environ 250 par les chercheurs de Stanford.
D’après le directeur de l’étude, les radiations de Fukushima pourraient bien représenter une menace sanitaire globale
Cette étude semble démontrer que les radiations émises de Fukushima-Daiichi ne seront pas sans effet sur les populations Japonaises, ce qui contredit fermement les précédentes déclarations de l’AIEA ou de l’UNSCEAR, un beau ramassis de fieffés menteurs affiliés à l’industrie électronucléaire. (oups, désolé, mes mains ont dérapé sur le clavier en produisant une étrange séquence de touches…)
Les effets sanitaires méconnus de la catastrophe de Fukushima-Daiichi
Le Professeur Jacobson conclut en affirmant que cette étude ne prend en compte qu’une partie des paramètres de l’équation sanitaire engendrée par la catastrophe nucléaire Japonaise et que, par exemples, les effets secondaires des pathologies radio-induites ne sont pas prises en compte. L’article du Times of India reproduit la déclaration finale du Pr. Jacobson que nous reprenons en guise de conclusion toute provisoire :
« Fukushima a été un fiasco sur le plan de la contamination des sols et de l’eau, des déplacements de population, de confiance dans les réponses gouvernementales, de coûts financiers et d’angoisse induite. »
Nous sommes loin, très loin du tableau idyllique dressé par les organisations internationales quelques mois après la phase aigüe de la crise nucléaire… Et chaque mois, chaque année qui passe démentira probablement un peu plus ces déclarations lénifiantes initiales.
(1) Morbidité : pathologie cancéreuse, la maladie est déclarée mais ne causera pas forcément « officiellement » le décès des patients, même s’ils se trouvent forcément affectés et affaiblis ; c’est une manière très hypocrite de purger partiellement les statistiques de morbidité radio-induites
Sources :
Fukushima-Diary, 23 juillet, anglais
Fukushima radiation may kill 1,300, ABC, 18 juillet, anglais
The Times of India, 18 juillet, anglais (331)
Si vous avez repéré une erreur dans le billet ci-dessus, merci de la reporter en surlignant le passage concerné à la souris puis en appuyant sur Shift + E ou en cliquant sur Signaler une erreur pour nous informer.


Le blog français des veilleurs de Fukushima