Le B.A.-BA de la détection

La détection : pourquoi vouloir détecter soi-même la radioactivité ?

Principalement car certains individus doutent de plus en plus des chiffres de détection disponibles officiellement : parfois il s’agit de certaines cartes ou mesures de radioactivité publiées par les différents services de protection nationaux qui semblent étrangement différer des résultats individuels publiés sur Internet, parfois les résultats sont communiqués honnêtement mais le manque d’information ou de commentaires de suivi est si flagrant que quasiment personne n’est en mesure de comprendre ni d’interpréter les mesures affichées !

Graphique complexe du « bruit de fond » Gamma relevé sur la station RADNET d’Anchorage (EPA)

Sans aller jusqu’à évoquer ouvertement une conspiration visant à minimiser les mesures publiques de radioactivité, il n’est pas interdit de penser que les états visent à conserver une certaine marge de manœuvre en cas d’événement radioactifs graves ou prolongés, marge qui passe par une stratégie de communication et d’explications minimales.

En savoir plus :

Les ambiguïtés – volontaires – des relevés de radioactivité au fil des pays – partie 1/2

Les ambiguïtés – volontaires – des relevés de radioactivité au fil des pays – partie 2/2

Un aperçu de l’ancien système de visualisation des balises TELERAY de l’IRSN, « débranché » il y a quelques mois pour être remplacé par un système beaucoup moins intuitif (SWS)

Au niveau dudit particulier dubitatif, que cherche-t-on précisément à détecter ?

Très sommairement, il s’agira de vérifier si l’air, les aliments, les boissons, l’eau de pluie, certains lieux ciblés… ne contiennent pas une concentration anormale de radionucléides d’origine diverses : accidents électronucléaires bien sûr mais également éventuels résidus d’essais nucléaires, fuites à proximité d’installations nucléaires de base, anciennes mines d’extraction d’Uranium, sites de stockage…

La détection effectuée par des particuliers ne peut être aussi « savante » ni aussi avancée que celles effectuées par des professionnels de la radioprotection mais elle permettra de lever éventuellement un doute avec des moyens rudimentaires et à la portée de chacun.

Le Radiamètre Radex 1503, peu fiable, peu performant, peu précis mais passe-partout

Est-ce à la portée de tous ? Quelles sont les connaissances de base indispensables ?

Une détection rudimentaire est possible à tous les niveaux : surveiller une aiguille ou un afficheur n’est pas une opération très complexe ! Ne pas connaître sur le bout des doigts ce que nous appelons le décorum de la radioprotection comme apprécier ou comprendre les unités affichées par son appareil n’est pas très grave, il suffit juste de savoir l’utiliser, de connaître ses possibilités en la matière et pour ce faire, quelques rapides instructions d’emploi et trente minutes de présentation du phénomène de la radioactivité suffisent.

Quelles technologies de détection de dose sont disponibles ?

Grosso-Modo, trois types de technologie de détection de dose sont utilisables par le grand public : les détecteurs à gaz de type « ionisation »  comme les tubes Geiger-Muller, peu sensibles, peu performants, peu rapides mais relativement bon marché et donc fréquemment utilisés en radiamètrie ; les détecteurs dits « d’excitation » comme ceux à base de cristal dopé et tube photomultiplicateur (appelés aussi « scintillateurs »), beaucoup plus performants mais également nettement plus onéreux et enfin la classe des détecteurs « solides » à semi-conducteur, que l’on retrouve fréquemment dans les dosimètres professionnels déclassés.

Principe du détecteur à scintillation Gamma

Dans les deux cas il s’agit de convertir une énergie non détectable par les sens en mesure quantifiables : signaux électriques, sonores, visuels au moyens de circuits de détection et d’amplification des rayonnements ionisants. puis de les comparer à une source connue grâce à l’étalonnage préalable de l’appareil utilisé.

Chaque famille de détecteurs possède ses avantages et ses inconvénients ; il vaut mieux utiliser correctement un appareil peu précis et peu fiable mais simplifié à l’extrême que de rester la bouche ouverte et les bras ballants devant un appareil aux nombreux boutons et cadrans que l’on ne sait pas utiliser.

Pour en savoir plus : « Les détecteurs de rayonnement », Devaux, IPMC, 2005

Peut-on « mesurer » les aliments, les boissons… ?

Oui… et non. Si une détection élémentaire comme celle effectuée à l’aide d’un tube Geiger-Muller de faibles dimensions peut détecter une activité anormale déposée sur de la nourriture ou contenue dans un verre d’eau par exemple, il faudra que les niveaux de dose soient conséquents et donc que la contamination de l’objet mesuré soit avérée. Il est futile d’espérer détecter une faible contamination – par exemple quelques Becquerels / kg  de Césium-137 ou de Strontium-90 au contact de fruits ou de légumes – à l’aide d’appareils aussi rudimentaires, cela ne fonctionnera simplement pas !

Une base à retenir est que la sensibilité des appareils de détection de radioactivité grand public est – sauf exception, cf. ce billet – environ 100 à 500 fois moins importante que celle d’appareils de détection évolués (des scintillateurs de grand volume par exemple) ; le miracle de la calibration de l’appareil fait que le débit de dose affiché est plus ou moins correct… Dès que l’appareil visé sera en mesure de capter le « signal » radioactif ! (édité le 30/07/12)

L’analogie avec les ondes radio-électriques est ici salutaire : si votre matériel de réception (TV, radio mais aussi téléphone portable, GPS…) n’est pas sensible et que vous êtes un peu trop éloignés de l’émetteur (la source radioactive) ou que cette dernière n’est pas très puissante, le signal est trop faible pour être détecté et la ressource est inutilisable.

« L’assiette de Fukushima » de Nils Ferber, gadget utile ou œuvre d’art subtile ? (d.r. Nils Ferber / 20 minutes)

Combien faut-il investir ?

Un peu comme dans l’achat d’un véhicule, la dépense peut varier énormément selon votre budget, les performances que vous recherchez voire le design de l’appareil (un peu secondaire, ne trouvez-vous pas ?). Les premiers prix en occasion tournent aux environs de 50-100 Euros (matériel de surplus Russe ou Américain).

Un appareil de détection convenable – sans plus – vous coûtera environ 200 à 300 Euros mais il faudra investir de 500 à 1500 Euros, voire plus, pour espérer obtenir des lectures fiables ou des performances de détection élevées.

Si vous êtes prêts à franchir la marche…

Vous pouvez vous orienter sans crainte vers 3 appareils que nous recommandons mais que nous recommandons également d’acheter directement chez le fabricant pour des raisons d’économie, car même en ajoutant les frais d’expédition la commande directe est presque toujours préférable au circuits d’importations marchands, surtout pour des quantités de matériel très discrètes comme celles du matériel de détection de radioactivité.

Choix n°. 1 : Le radiamètre « Teko 32″ d’Atomic Dave

Vendu directement pas le fabricant qui les construit un par un à la main et avec amour, ce matériel utilise l’excellent tube G-M CI-8B de fabrication Russe, un bon compromis entre sensibilité (capteur de 2 pouces), étendue de détection (Alpha, Bêta, Gamma, X-Ray), lisibilité (afficheur digital en CPM + µSv/h), accessoires fournis (bille d’Uranium, filtres divers…), connectivité (prise USB pour interfaçage, jack 3.5 mm pour logiciel Geiger Bot)…

TEKO 32 d’Atomic Dave (Ebay)

Le prix de vente est d’environ 280 Euros (US$ 340, port compris) + éventuels frais d’import si votre colis est ouvert par la douane Française. Atomic Dave possède par ailleurs une très bonne réputation sur eBay pour la qualité de ses fabrications et le suivi après-vente éventuel.

2ème choix : l’Inspector Alert de de Medcom int.

Utilisant la même classe de tube (G-M Pancake de 2 pouces), l’Inspector regroupe dans un boitier solide mais un peu encombrant (inutile d’espérer transporter l’appareil dans une poche !) un radiamètre à tout faire, sensible à tous les types de rayonnement ; il vous permettra également de faire des mesures de contamination surfacique sommaire grâce à ses mesures d’activité graduées en CPS / CPM (CPM/m2 par extension, connaissant la surface utile du capteur).

La connectique est nettement moins diversifiée que le Teko 32 ci-dessus, seule une sortie jack 3.5mm (signal binaire 0/3.3v) est disponible, permettant de raccorder éventuellement une source d’enregistrement ou de publication en ligne des données.

L’Inspector Alert de Medcom Int.

Proposé actuellement à US$ 617 port compris directement chez le fabricant (environ 510 Euros en juillet 2012) il représente peut-être le meilleur rapport qualité/prix pour un matériel semi-professionnel robuste et performant, le matériel est d’ailleurs assemblé aux USA.

Du fait qu’ils utilisent tous les deux le même type de tube, la sensibilité de ces deux premiers appareils sélectionnés est similaire : comptez environ 3500 CPM / mR/h de Césium-137, autrement dit une source de Cs-137 produisant un débit de dose de 1µSv/h au contact – donc placée directement sur le capteur de détection – engendrera une activité au niveau du tube de 330 CPM / 5.5 CPS ; le bruit de fond de 0.15 µSv générera 55 « clics » par minute, etc. (édité le 25/7/12)

3ème choix : le Gamma-Scout de Geiger Group

Décliné depuis peu en 4 versions différentes, le Gamma-Scout est également un appareil robuste mais cependant beaucoup moins sensible que les deux premiers engins car il utilise un tube de détection nettement plus petit. Le volet de discrimination Alpha / Béta+Gamma / Gamma est par contre très pratique pour tenter d’isoler les types de rayonnements rencontrés.

La Gamme Gamma-Scout de Geiger Corp

Le Gamma-Scout est également disponible directement chez le fabricant pour un prix démarrant à US$ 498 port inclus (410 Euros fin juillet 2012) pour le modèle « standard » (pas d’alarme, pas de batterie rechargeable, pas de connectique).

La sensibilité de l’appareil est environ 3 fois moins bonne que celle des deux premiers avec 1000 CPM/mR/h soit une activité dans le tube de 100 CPM / 1.6 CPS (édité le 30/7/12) au contact direct d’une source émettant un débit de dose de 1µSv/h.

Et enfin, si vous vous prenez au jeu de la détection…

Les possibilités sont innombrables et ne sont limitées que par le budget disponible : certains appareils professionnels se retrouvent déclassés après quelques années et se déportent ainsi fréquemment sur le marché de la seconde main. On peut citer – entre autres – les matériels diffusés sous les marques commerciales réputées : Eberline, Ludlum, Bicron, Fluke, Berthold, Canberra…

Ce que nous ne recommandons sous aucun prétexte :

Fuyez les matériels de surplus militaires : même proposés à des prix modiques, ils utilisent parfois des alimentations (piles) spécifiques, sont souvent déclassés (décalibrés), fonctionnent généralement de manière aléatoire et sont souvent très peu sensibles car dédiés à des conditions de détection « militaires » (1) qui n’ont souvent rien à voir avec les signaux généralement faibles que traquent les particuliers. La célèbre gamme « VICTOREEN » est un exemple de ce qu’il ne faut pas acheter à moins de désirer un appareil « militaria » pour bourrer une étagère par exemple. Si vous tenez absolument à ce type de design, choisissez uniquement le CDV-700 en état « opérationnel » et / ou « recalibré » : il est le seul détecteur de la gamme capable de détecter autre chose qu’une explosion nucléaire à 5 km de vous !

Les appareils de fabrication Russe, qu’ils soient anciens ou récents sont généralement très peu fiables et très peu performants. Ils utilisent souvent des tubes G/M de surplus comme la célèbre série SBM-20 dont les caractéristiques et les performances restent extrêmement « molles ».

Radex RD-1008 « pancake »

Les Radex 1503, 1706 et l’ancien modèle Quartex (bleu à afficheur rouge) font partie de ces modèles que nous ne recommandons absolument pas sous peine de déceptions ultérieures (expérience vécue !). Les seuls véritables avantages de ces appareils résident dans leur taille très compacte, leur poids raisonnable et un prix de vente généralement attractif. Préférez le Radex 1008 qui utilise le même capteur pancake que nos appareils recommandés et utilisant un double affichage Gamma / Bêta très pratique mais faites toutefois très attention au prix demandé : un appareil RD-1008 en parfait état ne devrait pas vous coûter plus de 350-370 Euros ; compte tenu des caractéristiques et de la réputation de l’engin, cela ne vaut pas plus !


(1) Détecteur militaire : indestructibles, temporisés et très blindés, ils répondent généralement très rapidement mais à des niveaux de détection très élevés… (1238)

Si vous avez repéré une erreur dans le billet ci-dessus, merci de la reporter en surlignant le passage concerné à la souris puis en appuyant sur Shift + E ou en cliquant sur Signaler une erreur pour nous informer.

  • Vera

    Votre article peut prêter à confusion et induire en erreur .

    Merci de vous rendre sur le site de l’Institut indépendant de radioprotection Belrad à Minsk, (Bélarus) créé par la professeur Vassily Nesterenko.
    http://belrad-institute.org/FR/doku.php partie du site en français et aller sur la rubrique appareils de radiométrie
    le Radiomètre gamma automatique RUG-92M mesure la contamination des aliments.
    Détecter la radioactivité des aliments avec un compteur Geiger est une ineptie…
    Lire aussi le guide d’utilisation du Radex qu’utilise la Criirad.

    Un conseil : rendez-vous sur le site de l’association Enfants de Tchernobyl Belarus pour commander le livre
    « Après l’accident atomique , guide de radioprotection » de Vladimir Babenko traduit en français du russe , présenté au Forum scientifique et citoyen sur la Radioprotection organisé par le collectif Independentwho (1) ( Pour l’indépendance de l’OMS) .
    Présentation du livre sur le site : http://enfants-tchernobyl-belarus.org/doku.php?id=bibliographie

    Bien cordialement
    vera

    (1) Pour plus d’infos sur le Forum ( communiqué de presse final, résumé des interventions etc..) et sur les actions du Collectif : http://www.independentwho.org

    • admin@gen4.fr

      Bonjour et merci pour votre commentaire.

      Nous ne parlons pas de la même chose : les besoins d’un particulier en détection ne sont pas ceux d’une ONG du genre de celle que vous évoquez. Eh oui, on peut parfaitement détecter du césium ou du Strontium dans un échantillon avec un radiamètre portatif qui ne soit pas une usine à gaz hors de portée de la détection individuelle ! Tout est affaire d’activité donc de dose : certes on ne détectera pas une activité de 50 Bq/kg mais est-ce vraiment vital d’arriver à de tels seuils de détection ? Le particulier ne cherchera pas à obtenir 0Bq/kg – ce qui semble par ailleurs illusoire à obtenir dans ce bas-monde – mais juste à faire le tri éventuel et à exercer son choix en faisant ses courses par exemple.

      En passant, votre RUG-92 utilise un « gros » scintillateur NaJ qui ne comptera que les photons, donc le rayonnement Gamma, ce qui le handicapera au niveau du repérage des descendants du Plutonium pourtant généreusement dispersés lors de l’accident de Fukushima. La chaine de désintégration du Plutonium-238 est majoritairement « Alpha » et laissera probablement votre merveilleux – et coûteux – appareil de marbre alors qu’un simple radiamètre de terrain avec un tube Geiger / Muller de 2 pouces relèvera la menace si elle atteint un niveau suffisant (1µSv/h de dose au contact = 33000 CPM soit 550 CPS (édité), ce qui est largement suffisant pour localiser une menace significative).

      A moins de lire l’article en diagonale, il me semblait avoir été clair au niveau du paragraphe sur les aliments : « il faudra déjà que les niveaux de dose soient importants et donc que la contamination de l’objet mesuré soit très élevée. Il est futile d’espérer détecter une faible contamination – par exemple au contact de fruits ou de légumes – à l’aide d’appareils rudimentaires, cela ne fonctionnera simplement pas ! » Chère Vera, comment être plus précis et comment pouvez-vous interpréter que je dis exactement le contraire ?

      Bref dans cet article nous nous intéressons aux doses, aux récepteurs, à la détection individuelle vue du côté pratique alors que vous parlez d’activité, de source, de Becquerels et de choses probablement très – trop – compliquées pour des particuliers qui recherchent surtout un avis rapide, indépendant, donc obligatoirement à l’écart des circuits officiels ou semi-officiels comme ceux des ONG que vous citez. Eh oui, ne vous en déplaise, leurs principales ressources – comme indiqué sur le site « Belrad » que vous évoquez – ne sont qu’un déguisement du circuit officiel (États, Europe…) et en prolongent donc les mêmes défauts comme le manque d’indépendance et la collégialité !

      Cordialement,
      Trifou

      • deedoff

        Détecter des alpha avec un compteur GM…bon, soit !…c’est pas le plus simple ni le plus viable.
        Admettons que vous puissiez détecter des alphas, vous ne pourriez prétendre qu’ils sont issus du plutonium vu que le compteur GM est un compteur tout ou rien et qu’il ne fait pas de discrimination en énergie ou selon le type de particule (hormis par le jeu des écrans).
        Certes, vous pouvez voir des alphas si, tant est que l’épaisseur de la fenêtre en mica du compteur GM (pas le tube GM) soit d’une épaisseur assez faible pour les laissez passer.
        Une sonde alpha avec scintillateur (adapté aux alphas) couplé à un photomultiplicateur serait beaucoup plus sur, d’autant que sur ce type de sonde le bruit de fond est nul…mais bon, on ne saura toujours pas s’il s’agit d’alpha du plutonium (la spectro devra le dire).
        Si contamination il y a, cela ne sera de façon isolée mais un mix de plusieurs radioélements.

      • admin@gen4.fr

        Je le dis, le répète et le re-répète, notre propos vise des particuliers désirant faire des contrôles sommaires de contamination ou d’air ambiant. Une sonde Alpha Eberline AC-3 (Ludlum 43-5) c’est au minimum US$500 d’occasion et de plus ces dernières doivent souvent être rénovées (le film d’isolation en mylar vieillit mal). Il faut ajouter évidemment un boitier opérationnel (comptez encore au minimum US$300, toujours d’occasion), une autre sonde pour les Béta, une troisième pour les Gammas mous, une quatrième pour les Gammas « normaux »…

        En ce qui concerne les performances comparées (Césium-137), un scintillateur Gamma NaI 1 pouce sera à peine 4 fois plus sensible qu’un G/M Pancake 2 pouces (3000 CPS/µSv/h contre 550 pour le G/M). Sachant que l’activité Gamma de l’U-238 n’est que de moins de 5% de l’activité moyenne (mesurée au scintillateur 1 pouce), il sera donc non seulement plus économique mais également plus efficace de rechercher des traces d’Uranium « naturel » par exemple avec un tube G/M qu’avec une sonde cristal type 44-2.

        De plus, cet attirail n’est simplement pas à la portée de particuliers mais peut-être est-ce le message que vous entendez faire passer, d’abandonner l’affaire et le débat aux « spécialistes » ? Dans ce cas nous ne pourrons jamais être en phase mon cher Deedoff !

        Croyez-moi, la seule orientation de la détection « large bande » d’amateur c’est le tube GM équipé d’une fenêtre de mesure la plus large possible.

        Au fait, puisque vous êtes là, nous attendons toujours les réactions de « pros » français au scandale tout frais des blindages de dosimètres en plomb imposés aux travailleurs de Fukushima par une filiale de Tepco. En l’absence de débat, chacun pourrait en effet conclure un peu hâtivement que cette pratique est bien plus généralisée que ce que les « spécialistes » en disent généralement.

        Cordialement,
        Trifou

      • deedoff

        Salut Trifouillax,

        Vous avez raison…mais ce que je veux dire c’est que les détecteurs à base de GM (les plus abordables) ont leurs limites. Je sais, c’est mieux que rien, mais il faut expliquer leurs limites.
        Détecter c’est bien, mais après il faut savoir interpréter, et ce en prenant en compte tout ce qu’un simple GM peut faire ou ne pas faire.
        Pour l’histoire des écrans sur les dosimètres, évidement cela n’est pas normal et maintenant que ce lièvre est levé il ne sera pas trop compliqué de ré-évaluer les bonnes doses.

      • http://enfants-tchernobyl-belarus.org Lenoir

        Notre ami qui s’exprime sous le pseudonyme Trifou ne devrait pas écrire sur un sujet qu’il ne connaît visiblement pas. Cela peut nuire à la crédibilité des informations qu’il publie par ailleurs.

        J’interviens dans ce petit débat comme président de l’association Enfants de Tchernobyl Belarus créée le 27 avril 2001 par Solange, Michel Fernex, respectivement députée européenne et professeur de Médecine à l’Université de Bâle, Etienne Fernex, leur fils, agriculteur biologique, Wladimir Tchertkoff, auteur du « Crime de Tchernobyl » (Actes Sud, 2006) et coauteur de nombreux films sur Tchernobyl, dont « Le Sacrifice » et « Controverses nucléaires » dont la version sous-titré en japonais connaît actuellement un immense succès, Galia Ackerman, écrivain, traductrice du livre « La Supplication » de Svetlana Alexeievitch et Vassily Nesterenko, fondateur et directeur de l’Institut de radioprotection indépendant Belrad, décédé en août 2008 des suites des irradiations et contaminations reçues alors qu’il inspectait de la porte ouverte d’un hélicoptère le réacteur de Tchernobyl en ruine afin d’évaluer les mesures à prendre, mais aussi de l’épuisant labeur requis pour contrer les attaques du pouvoir biélorusse qui venait de publier un oukaze demandant au Ministère de la Justice de trouver un motif pour interdire Belrad.

        Il s’agissait ce créer une structure pour collecter le financement nécessaire à la poursuite des activités de Belrad, à savoir : l’information des populations vivant dans les régions les plus touchées par Tchernobyl, maintenir les centres de mesure de la radioactivité des aliments, entretenir les équipements scientifiques et continuer d’en fabriquer, poursuivre les missions des équipes chargées de mesurer la radioactivité corporelle des enfants, fabriquer le complément alimentaire Vitapect qui accélère l’élimination des radioéléments comme le Cs137, le strontium 90 et le plutonium et le distribuer gratuitement aux personnes contaminées.

        L’institut Belrad qui avait été fondé en 1990 par V. Nesterenko, Andreï Sakharov et Anatoly Karpov, subissait depuis l’arrivée au pouvoir du dictateur Alexandre Loukashenko des attaques de tous bords : Gouvernement biélorusse, Commission européenne, establishment atomique via le CEPN (AREVA, EDF, CEA) et ses programmes ETHOS et CORE, et même de personnalités du petit monde des contestataires de l’énergie atomique qui visaient à occuper le terrain en Biélorussie, comme Edmund Lengfelder, grand ami — et défenseur de sa politique — de Loukashenko (qui l’a décoré en 1998). La dernière contribution officielle reçue par Belrad remonte à 2005, une sorte d’exception que maintenait l’Ambassade du Japon à Minsk : 12 500 €.

        Belrad ne travaille pas dans l’à peu près. Détecter la radioactivité sans la mesurer précisément et en déterminer la cause ne sert pas à grand chose puisque manque l’information permettant de définir une action. Belrad a payé très cher son indépendance : les salaires de ses employés hautement qualifiés sont parmi les plus bas du Belarus ; il doit faire face année après année aux multiples tracasseries et attaques juridiques de l’administration Biélorusse. Rester indépendant dans un pays dirigé par un dictateur dont, quant à Tchernobyl, le seul objectif est de « remettre en valeur » les territoire contaminés, exige de ne prêter le flanc à aucune critique.

        Belrad aurait pu accepter de plier et jouer le même jeu que les organismes universitaires et des ONG financés dans le cadre des programmes ETHOS et CORE. Certes Belrad a signé un contrat de prestation de service dans le cadre d’ETHOS mais a été rapidement mis sur la touche parce qu’il refusait de cautionner une politique limitant l’intervention à un simple soutien socio-culturel.

        Trifou devrait lire le livre de Wladimir Tchertkoff et visionner tous les films placés sur notre site . Il comprendrait alors peut-être quece qui s’est passé et se passe là-bas en Biélorussie autour de Belrad ne mérite pas son jugement lapidaire dicté par une vision simpliste de cette longue histoire.

        ETB

      • admin@gen4.fr

        Merci pour ce partage Lenoir (décidément, ce nom me rappelle quelque chose…)

        Désolé d’avoir répondu lapidairement mais il s’agissait d’une réponse à une critique du même tonneau de la dénommée « Vera ».

        Merci de me considérer comme un spécialiste « es-rien », y compris de la situation post-Tchernobylienne : il y bien assez de travail à gérer avec la situation récente au Japon ! Je n’ai pas non plus trop envie de rentrer dans ce débat qui me semble sentir systématiquement le soufre, les excès et les polémiques en tout genre. J’ai eu un premier mauvais contact avec ce dossier (le Lapin de service que vous connaissez probablement), il n’y en aura en principe pas d’autre.

        Je continuerai donc à traiter de détection « citoyenne » dans le présent, si vous n’y voyez pas d’inconvénient. Et tant que l’on ne viendra me pourrir ou me troller les fils de commentaire sur ce site, il n’y aura plus de réflexion déplacée sur Belrad ou quelque autre asso que ce soit d’ailleurs.

        Dans le cas contraire, le dossier de Tchernobyl pourrait se voir réouvert et l’on serait bien forcé d’évoquer tous ses détails, parfois croustillants, surtout quand il s’agit de gérer des « subventions »…

        Cordialement,
        Trifou

  • lolo

    bonjour, j’habite le sud de la france sur la cote d’azur, et pas longtemps après fukushima j’avais acheté un compteur SOEKS mais voyant qu’il m’affichait des valeur de 0,30 – 0,40 µS/h, j’ai acheté un compteur radex 1706 qui m’affichait lui des valeurs entre 0,20 et 0,30. Voila maintenant 1 an et je viens de reprendre des mesures avec mon radex qui m’indique maintenant des valeurs de 0,10 à 0,17 µs/h. Ma question est la suivante, qu’elle est la mesure moyenne d’un endroit sain, et à partir de quelle valeur je dois me poser des questions, merci

    • admin@gen4.fr

      Bonjour, le Soeks-01 est un appareil vraiment très imprécis, les variations de débits de dose relevés sont généralement beaucoup trop élevées. Je préfère encore le 1706 (sans compter le fait que le Soeks « bouffe de la pile » avec son afficheur couleur qui n’apporte rien de spécial) !
      Je pense qu’il ne faut pas se focaliser sur un chiffre moyen trop strict qui variera de toute façon dans un rapport de 1 à 2 selon votre environnement immédiat ; cependant au niveau de votre région le dernier chiffre que vous annoncez semble correct. Attention aux variations de température, à l’humidité, aux variations de pression atmosphérique que cette gamme d’appareils supporte très mal !
      L’idée en cas de relevé anormal est d’abord de vérifier sa propre mesure avec un autre appareil, différent si possible ou encore de consulter une carte « indépendante » comme celle de blackcat : http://www.blackcatsystems.com/RadMap/?locale=euroland (unité : µR/h, diviser par 100 pour obtenir des µSv/h). Il n’y a pas encore beaucoup de points de mesure en France mais les relevés sont strictement indépendants, modérés par une personne compétente et peuvent permettre de lever un doute en cas de questionnement urgent sur un relevé.
      Je voudrais préciser également que, 9 fois sur 10, en cas de mesure vraiment très anormale (sans alerte officielle), l’appareil ou sa manipulation est en cause ! En ce qui concerne une alarme de niveau de débit de dose, un réglage à 0.30 µSv par exemple semble raisonnable.

      Attention également aux matériaux de construction qui « plombent » souvent les mesures, surtout au niveau des combles, charpentes, toitures…
      Cordialement,

      Trifou

  • stan

    ce qu’il est intéressant c’est de savoir comment ‘mesurer’ l’activité des matériaux que nous achetons pour nos maison. J’ai lu sur le site de la CRIIRAD que l’incorporation de déchets radioactifs pouvait se faire dans l’élaboration des matériaux de construction et autres. Le but étant de diluer un maximum pour chacun l’énorme quantité de matériaux irradiés de la filière nucléaire.
    Que conseillez vous, par exemple au particulier et au petit entrepreneur en bâtiment ?
    Merci

    • admin@gen4.fr

      Les matériaux de construction, vaste problème… Ils présentent parfois un débit de dose « au contact » doublant ou triplant le bruit de fond (tuiles canal de grande marque par exemple). Le radiamètre peut être dans ce cas un outil très utile pour faire son choix, surtout dans l’hypothèse de manipulations fréquentes de matériaux de construction. N’importe quel petit appareil bon marché peut en fait faire l’affaire, sa calibration est secondaire car on travaille en comparaison simple avec le bruit de fond ou en différentiel entre plusieurs échantillons.

      Il me semblait avoir lu quelque part que la législation dans ce domaine TFA / Bâtiment allait (ou avait) changé mais je ne me rappelle plus si cette info concernait la France ou un pays plus « écologique ». Quoiqu’il en soit, je suis bien d’accord avec le fait que cette dilution de déchets radioactifs dans des matériaux de construction ne règle absolument pas le problème des déchets de faible ou très faible activité, car, au contraire, certaines études sur les faibles doses apportent un éclairage très inquiétant sur ce problème (surlinéarité de Petkau). Nous y reviendrons dans un prochain article.

      Cordialement,
      Trifou

      • deedoff

        Franchement cette histoire de dilution de déchet TFA m’étonne plus que tout !
        Les déchets TFA sont une spécification bien Française (en gros, tout ce qui a une activité <100 Bq/g). Les autres pays ne sont pas aussi restrictifs que nous.
        En France, la dilution de déchet radioactif est interdite.
        De mémoire, l'autorisation de dérogation autorisée par l'ASN concerne l'incorporation de radioélèment du fait des procédés de cimenterie (ou autre procédé) qui utilisent des sources. Le risque est nul, tant les activités diluées sont dans l'ordre de grandeur des constituants mêmes des radioélements naturels des bétons.
        Ces même radioéléments naturels qui se retrouvent dans la pierre de taille en granit, les briques, les tuiles, etc…bref tout ce qui est fabriqué à partir des constituants de notre sol.
        Une calibration est toujours nécessaire, car un GM fonctionne avec une haute tension. Si celle-ci s'écarte de sont point de fonctionnent idéal (pile HS, mauvais réglage, vieillissement,…) l'appareil deviendra un beau jouet qui fait bip-bip et c'est tout. En règle général l'incertitude de mesure des résultats de mesure de ces appareils sont de l'ordre de 30 à 40%…donc un résultat de 0,30 ou bien de 0,50 c'est un peu pareil !

      • admin@gen4.fr

        Faible, 100 Bq/g = 100.000 Bq/kg pour la « libération » en France ?

        A priori dans les pays Nordiques on est à 5 Bq/g pour les Gammas / Bêta et 0.5 Bq/g pour les émetteurs Alpha !

        http://www.cepn.asso.fr/spip.php?article187

        Enfin tout ça ne veut pas dire grand chose en France car 1 Bq de Tritium n’est pas 1 Bq d’Uranium ni 1 Bq de Césium ou de Strontium…

        D’accord sur le problème de la calibration des petits radiamètres mais ces derniers sont avant tout victimes de leurs composants médiocres et de leur conception « low cost’ : un peu de chaleur ou d’humidité au niveau d’un générateur HT « faiblard » et rien ne va plus !

        A défaut d’appareils de bonne qualité, on peut tenter de maîtriser ce problème en utilisant plusieurs appareils différents (je pense à « la caisse » de petits radiamètres du Prof. Hayakawa au Japon) ou en se regroupant (réseaux de radioactivité citoyenne).

        http://gen4.fr/2012/02/tokyo-est-radioactif-les-petits-mensonges-du-gouvernement-japonais-devoiles-par-deux-universitaires.html

        A bientôt,
        Trifou

      • deedoff

        C’est générique (façon de parler): si activité massique <100 Bq/g c'est du TFA…mais en effet il faut aussi prendre en compte le type de radioélèment. http://www.andra.fr/andra-aube/pages/fr/menu4/le-centre-de-stockage-tfa/les-dechets-tfa-1094.html
        Il s'agit de déchet et non de biens comestibles.

  • lolo

    merci beaucoup pour votre réponse

    cordialement

    laurent

  • Delphin

    Merci Trifouillax de toutes ces infos qui devraient concerner de plus en plus de monde.

    L’acquisition d’un appareil de mesure me titille depuis longtemps et je ne dois pas être le seul.

    Deux interrogations :

    -Il me semble avoir lu, il y a longtemps, qu’on ne peut détecter directement le rayonnement alpha.
    - Le sievert ou le rem (millirem) ne sont pas des grandeurs directement mesurables (atteinte aux organismes humains en fonction de la dose, du radioélément, du ou des tissus concernés). Pourtant il me semble que certains de ces appareils fournissent directement leurs mesures en sieverts. Comment cela s’explique-t-il ?

    Delphin

    • admin@gen4.fr

      Merci Delphin.

      Le rayonnement Alpha est vaporeux mais cependant quantifiable : le fait que sa « portée » ne dépasse pas effectivement quelques centimètres dans l’air ambiant n’empêche pas sa large dispersion sous forme particulaire et que l’on retrouve au Japon de l’Alpha – beaucoup d’Alpha – à des centaines de kilomètres de la source initiale.

      Imaginons un canon formidable projetant une banale grenade à 100 Km : la grenade Alpha ne fera que des dégâts très localisés – mais dévastateurs dans son rayon d’action – mais elle agira cependant très loin de son point d’origine…

      Les tubes G/M ne sont pas très performants mais certains – ceux équipés d’une large ouverture en mica – permettent d’apprécier très grossièrement un niveau d’Alpha qui pourrait être problématique. Les SBM-20 de surplus Russe équipant les Radex (sauf le 1008) et pas mal d’appareils Russes ne possèdent pas de fenêtre en mica et ne peuvent en conséquence apprécier les émetteurs Alpha autrement que par la radioactivité générée par leurs descendants Bêta / Gamma.

      Idem pour « l’artillerie lourde » dont le MEXT / METI se sert pour établir – vite fait – les cartes de dosimétrie au Japon : les gros cristaux utilisés pour détecter les photons dans les scintillateurs ne voient pas les Alpha purs ou les émetteurs Alpha / Béta comme l’Uranium-238 !

      En ce qui concerne les unités, le Sievert est ambigu car il représente à la fois une unité de dose équivalente ou efficace (Sv, impact sur les organismes) mais également de débit de dose (Sv/h) permettant d’estimer des dégâts éventuels en fonction du temps d’exposition et de l’activité reçue au contact de la source. Il ne s’agit que d’une estimation très grossière de la dose « future » car elle dépend évidemment du type de radionucléide observé (souvent un « mix ») que le radiamètre sera incapable d’identifier.

      Les radiamètres sont en général calibrés sur le Césium-137, l’activité Alpha sera donc très, très grossièrement indiquée… Mais c’est mieux que rien !

      Cordialement,
      Trifou

  • jean

    Comme beaucoup de gens, je cherche un radiamètre qui me permette tout d’abord de détecter de la nourriture contaminée et que je puisse emmener en magasin: thé de chine ou japon, produits de la mer ( japon), champignons ( europe de l’est et ex-urss) etc.
    La détection de produits non alimentaires contaminés suit: ayant été en Ukraine dans la région de Tchernobyl, j’ai vu il y a une quinzaine d’annnées un immense champ de bulldozer des liquidateurs vidé pour partir à la fonderie en Chine. J’ai aussi quelques cloisons conçues en scories de laitier d’acier, comme on le faisait il y a 50 ans, et on dit que c’est radioactif.
    Et enfin, habitant la vallée du Rhône, je cherche un détecteur assurant la détection « d’ambiance », permettant de discerner un problème local et de se prémunir éventuellement (fuite d’iode radioactif en particulier).
    Question finale: pour le béotien en radioactivité que je suis, mais qui cherche à savoir ce qu’il y a autour de lui, ne faudrait-il pas présenter les inventaires d’appareils en fonction de l’usage que l’on veut en faire ?

    • admin@gen4.fr

      Bonjour Jean,

      Une bonne idée de billet, réponse cet après-midi sans doute… ou demain, en fonction de l’actu de Fukushima qui reste bien entendu prioritaire.
      Cordialement,
      Trifou

  • coronado

    +1 pour un petit inventaire des appareils en fonction de l’usage souhaité, voir plus tard une petite info sur comment bien placer son radiametre pour effectuer une mesure correct suivant ce que l’on veut mesurer.
    Merci pour ce sujet, je l’ai mis en favori.