A la suite de notre premier billet sur le matériel de détection amateur et la dosimétrie citoyenne, plusieurs commentaires sont apparus mettant en évidence deux classes de sous-problèmes liés à cette présentation :
- Des réactions curieuses, courroucées voire désobligeantes de professionnels ou semi-professionnels de la radioprotection s’interrogeant sur l’opportunité et la validité de mesures de radioactivité ambiante ou de contamination basique individuelle à l’aide d’un matériel grand public ;
- A l’inverse, des réactions de particuliers se sentant concernés par le problème et voulant en savoir plus (conseils pratiques) ou voir traités des sous-aspects spécifiques de cette détection « d’amateur ».
Nous allons répondre d’abord aux premiers.
Recentrons le débat au niveau de la dosimétrie citoyenne « pure »
Je m’explique : premièrement, des tas de personnes compétentes en radioprotection (1) vous diront que la dosimétrie est un domaine trop complexe pour être abordés par des amateurs. Nous ne sommes évidemment pas d’accord, lesdits amateurs ayant par exemple contribué à des découvertes scientifiques (nombreux exemples dans la découverte de la radioélectricité, l’astronomie, les mathématiques, la physique…)
Nous nous plaçons évidemment à la marge de l’amateurisme pour pénétrer dans celui de la passion mais l’étymologie du mot s’y prête volontiers : amator, celui qui aime. Évidemment, on peut pratiquer la détection sans apprécier le domaine de la radioactivité, voire même en le détestant, mais cette « amour » affectera au moins quelques détecteurs amateurs, n’est ce pas ?
Curiosité, découverte, chasse au trésor : le détecteur, armé de son matériel, ne se comporte-t-il pas comme un pionner cherchant les yeux brillants, or, argent ou… Uranium ?

Secondement, même si des activités complexes comme des mesures de contamination surfacique ou massique (2) ou encore des spectrométries Gamma (3) ne sont pas envisagées dans ces dossiers, elles n’en sont pas moins réalisables et réalisées par des amateurs expérimentant à l’aide de moyens simples et peu coûteux. Nous y reviendrons sommairement dans un prochain billet.
Des doses, encore des doses, toujours des doses
Tant que l’on se cantonne à la dosimétrie citoyenne, les notions de base à connaître sont vraiment très sommaires : l’unité de dose de base : le Sievert ; sa déclinaison plus générale : le µSv (un millionième de Sievert) ; l’unité de débit de dose généralement utilisé en détection : le µSv/h. Si l’on s’expose en permanence des habitants à un débit de dose de 1µSv/h comme à Fuksuhima-city (4), la dose efficace équivalente subie peut être estimée à 24µSv par jour, 168 µSv par semaine, 5040 µSv soit 5 mSv par an. Plus le débit de dose est élevé, plus la durée d’exposition est longue, plus la dose finale est importante. Rien de compliqué la-dedans.
Ensuite, une mesure, élémentaire : une aiguille, un afficheur digital, un signal sonore ; où est la complexité ? Bien sûr les petits appareils évoqués tiennent parfois du gadget mais leur mise en œuvre est simplissime.
Les erreurs de mesure, la sensibilité de l’appareil, les artefacts (5)
Un lecteur nous a asséné la formule suivante : mesurer un débit de dose au niveau d’un aliment ou d’une boisson serait une « ineptie ». Étudions cela d’un peu plus près :
Notre contradicteur évoque probablement, bien que sa déclaration initiale ne soit pas très circonstanciée, qu’un radiamètre grand public n’est pas en mesure de détecter correctement les faibles à très faibles doses irradiant de denrées contaminées. Ou encore, que les erreurs de lecture dues à l’opérateur et / ou de mesure liées à l’appareil utilisé sont incompatibles avec ce travail particulièrement technique.
La dose dangereuse, c’est pourtant la dose qui fait sonner ces petits appareils !
Par leur simplicité d’emploi et leur universalité, les petits radiamètres ne sonneront pourtant que sur des contaminations suffisamment importantes pour les activer. Il est inutile pour un particulier de savoir que les aliments qu’il entend ingurgiter après ce contrôle sommaire présentent une activité massique de 10, 50 ou même 100 Bq/kg. Pour information la limite sanitaire de contamination au niveau des aliments pour adultes est fixée à 1250 Bq/kg en Europe (6).
Si vous avez 1 kg de produit à examiner, sous forme concentrée, au contact du tube Geiger, votre petit appareil devra donc apprécier une activité de plus ou moins 1250 Bq, c’est à dire 1250 désintégrations par seconde et évaluer ensuite ce signal correctement en fonction de sa calibration. Si un appareil du type de l’un de ceux que nous recommandons est utilisé pour cette mesure sommaire, la sensibilité de son tube de 5.5 CPS/µSv/h permettra largement d’apprécier le signal présenté devant le tube Geiger ; l’appareil devrait remplir son rôle, tout au moins dans le cadre de la réglementation sanitaire Européenne actuelle. (paragraphe édité le 30 juillet)
Démonstration sur un minerai d’Uranium (bétafite)
NB : précautions : ne manipulez jamais des échantillons radioactifs à mains nues, conservez-les si vous en possédez dans un support présentant un blindage et une étanchéité suffisants (surtout vis-à-vis du Radon), ouvrez toujours ce support à l’air libre et évitez le contact direct avec votre appareillage pour ne pas le contaminer, sauf dans l’hypothèse d’une mesure de radionucléides Alpha peu pénétrants bien sûr.
Afin d’illustrer un peu plus notre propos, nous nous sommes amusés à comparer les résultats obtenus sur différents appareils de différentes qualités (amateur et professionnel) sur un échantillon de 2.8g de bétafite de Madagascar. Ce minerai contient de l’Uranium naturel (principalement U-238) et se trouve être incidemment l’un de ceux qui relâche le plus de gaz radon-222 dans la nature (7).
Un redoutable émetteur Alpha-Béta mais avec un « marquage » Gamma très faible
La chaine de l’Uranium naturel comportant des descendants Alpha et Bêta redoutables (le radon est extrêmement radiotoxique), on pourrait espérer qu’un échantillon de ce type ne fasse sonner tous les types de détecteurs et, en priorité, le matériel « professionnel ».
I – Le détecteur de menace utilisé par les services de l’immigration américain : échec !
Ce pocket-radiation-pager fabriqué par Sensor Tech Eng. possède une histoire amusante : il a été utilisé par les services du américains du DHS (Department of Homeland Security) après la psychose induite par les attentats de septembre 2001 afin de tester – en toute discrétion – les individus et leurs effets personnels rentrant sur le territoire américain afin de vérifier qu’il ne représentaient pas une menace radioactive quelconque.
Le cahier des charges de cet appareil prévoyait qu’il devait ressembler à s’y méprendre à un pager des années 1980 afin de ne pas attirer l’attention ; même sa sonnerie et son signal visuel devaient simuler un appel téléphonique ! Le contrôleur saisissait son « pager », appuyait sur un bouton pour vérifier le niveau relatif de dose et prenait après ce contrôle sommaire les mesures complémentaires qu’il devait prendre.
Cet appareil utilise un scintillateur basé sur un cristal CsI (iodure de Césium) permettant une bonne tenue dans les « basses » (50 KeV < énergie < 100 KeV) et surtout un temps de réponse ultra-rapide (1 seconde).
L’ensemble photomultiplicateur-cristal est un tube R7400 fabriqué par le leader dans ce domaine, le Japonais Hamamatsu ; les dimensions du cristal sont de 3.8 cm x 1.3 cm de diamètre, soit une surface utile de 9 cm3 environ.
Malgré ces caractéristiques très « professionnelles », l’appareil échoue lamentablement au test : au contact de notre échantillon, le niveau d’alarme ne dépasse pas 3 (1µSv/h) sur un maximum de 10 (50 µSv/h), soit un gain relatif d’environ 6 (le Bruit de Fond est à 0.15 µSv/h).
L’explication est simple : cet appareil, ultra-sensible, ultra-perfectionné, fonctionne sur le principe visiblement erroné que toutes les menaces radioactives émettront un rayonnement Gamma détectable par l’effet de scintillation. Or, notre échantillon d’Uranium n’émet qu’environ 5% de sa radioactivité totale sous la forme de photons Gamma repérables par cette technologie d’appareils.
II – Une sonde « pro » Ludlum 44-10 : minable !
Constructeur américain réputé de matériel de radioprotection, Ludlum fabrique cette sonde imposante qui est le deuxième plus gros scintillateur NaI de sa gamme portable. Le cristal de Sodium utilisé mesure environ 5 x 5 cm (2 pouces) pour un volume de 100 cm3, soit 10 fois plus que le cristal du radiation pager présenté ci-dessus.
La sensibilité de la 44-10 est donnée pour environ 15.000 CPS * µSv-1 (Cs-137) soit environ 5 fois plus que le pager (3.000 CPS * µSv-1) et 30 fois plus qu’un tube Geiger « pancake » 2 pouces (550 CPS * µSv-1) !
Accolée à un boitier Eberline PRM-5-3, notre échantillon peine à bouger l’aiguille de droite et affiche environ 10.000 à 12.000 CPM pour un bruit de fond évalué à 3000 CPM, soit un gain de 3 à 4. C’est peu, très peu, trop peu !
Même problème que pour le pager : ces scintillateurs Gamma ne détectent pas les émissions Béta et Alpha pourtant généreusement dispersés par notre échantillon.
Le banal tube Geiger-Muller Pancake de 2 pouces, grand gagnant de notre comparatif « d’amateur »
Le tube de surplus Russe CI-8B ne paie pas de mine, il ne pèse que quelques grammes et se négocie à quelques dizaines de dollars sur eBay. Ce type de tube Geiger est utilisé par exemple – à part nos petits appareils décrits dans notre comparatif – au niveau de la sonde 44-9 « Pancake » de Ludlum ; sa sensibilité moyenne est d’environ 5,5 CPS par µSv/h de Cs-137 (édité, 30/07/12).
A partir d’un bruit de fond de 0.15µSv/h, l’échantillon nu placé au contact du capteur (8) indique environ 30 µSv soit un accroissement plus que notable du signal et un gain relatif d’environ 200x.
Afin de faire une tentative de discrimination, nous avons ensuite placé l’échantillon de minerai au sein d’une éprouvette ad’hoc qui vise à discriminer le rayonnement Alpha et donc de déterminer la composante des signaux Bêta + Gamma ; le moindre écran tend en effet à stopper (absorber) le rayonnement Alpha, une simple feuille de papier suffit généralement à filtrer ces rayons très « mous » donc peu pénétrants.
Le résultat est d’environ 14 µSv/h, ce qui nous indique la présence d’un rayonnement Alpha + Bêta mous estimé à environ 15 µSv/h.
5% de Gamma !
Cet échantillon, d’après notre méthode expérimentale, émettrait donc environ (très grossièrement) 47% d’Alpha, autant de Bêta pour seulement 5 à 6% de Gamma, ce qui explique les résultats pitoyables des matériels basés sur la détection par scintillation Gamma.
Le meilleur pour la fin
Arrivés à la fin de cette expérience bien incomplète mais significative, les lecteurs comprendront que le débat qui opposait il y a peu de temps dans les commentaires d’un autre billet un intervenant et nous-même tendait à nous hérisser : il faut savoir que, généralement, les mesures de radioactivité accidentelle sont – par facilité – faites par avion à l’aide d’un scintillateur équipé d’un énorme cristal… parfaitement insensible aux rayonnements Alpha et Bêta, que, de toute façon il ne pourrait détecter vu l’altitude de survol du champ de bataille nucléaire (9) !
Voilà également pourquoi nous sommes aussi sceptiques quand d’autres commentateurs s’avisent de nous faire remarquer qu’un petit radiamètre ne détectera pas des niveaux de contamination moyenne à faible (500 Bq/kg) dus par exemple à de l’Uranium (ou d’autres émetteurs Alpha / Bêta mous) échappés des réacteurs et confinements éventrés à Fukushima, ou polluant des régions proches de sites de prospection ou de stockage d’uranifères.
Bien au contraire, nos petits appareils de dosimétrie citoyenne seront peut-être les seuls à le faire !
Nous étudierons dans un prochain billet les quantités (terme-source) d’Uranium et de Plutonium relâchés dans la nature ou en voie de l’être par l’accident Japonais.
(1) Désignation officielle de ce métier qui recrute, code Rome H1303
(2) Mesure de l’activité radiologique pure en Becquerel (désintégrations radioactives par seconde) par unité de masse (g, kg), de volume (cm3, l) ou de surface (dm2, m2, km2)
(3) Détection de radionucléides spécifiques par scintillation Gamma ; les doses ou la contamination mesurent l’activité globale d’un échantillon alors que la spectro identifie une partie des radio-éléments concernés comme les différents césiums, les iodes…
(4) Ville de 300.000 habitants située à 60 km au Nord-Ouest de l’ex-centrale atomisée de Fukushima-Daiichi et subissant réellement ce débit de dose dans certains quartiers
(5) FAit ARTificiel, artis factum, déduction biaisée, résultat incorrect, corrélation inopportune, découverte scientifique éphémère… le tout souvent lié, volontairement ou involontairement, à la main de l’homme
(6) Ce seuil de 1250 Bq/kg est par ailleurs très élevé, le nouveau seuil de référence a été fixé au Japon à 100 Bq/kg depuis mars 2012
(7) Pouvoir d’échappement du Radon-222 de 54%, source : LPNA, 1979
(8) Geste à éviter ou a limiter au maximum, même en dosimétrie citoyenne, afin de ne pas contaminer l’appareil de mesure lui-même
(9) Les rayons Alpha sont arrêtés (absorbés) par quelques cm d’air et les Bêta par quelques dizaines de mètres d’air pour les plus énergétiques (545)
Si vous avez repéré une erreur dans le billet ci-dessus, merci de la reporter en surlignant le passage concerné à la souris puis en appuyant sur Shift + E ou en cliquant sur Signaler une erreur pour nous informer.








Alors là, bravo !
C’est technique, pro, poussé et… clair !
Mille merci, on va pouvoir être détecteurs en herbes…
Il faut peut-être séparer deux objectifs différents :
alimentaire : vérifier l’absence de nocivité de ce que l’on mange, boit ou respire, il s’agit ici surtout d’alpha, difficiles à détecter et de ce fait hautement nuisibles une fois ingérés en quantité inconnues,
environnemental : recherche d’éventuels points chauds « géographiques », ou vérification de matériaux de construction, où la mesure gamma convient très bien.
Pour un particulier il est inutile de connaître la nature de l’élément chimique et sa descendance, il suffit que le niveau soit le + faible possible, et que l’appareil indique « comestible » ou pas (500 Bq/L ou kg), alpha inclus.
Un vendeur indique pour son appareil « outil de prédétection ».
Ceci pour un usage basique, les amateurs préfèreront certainement un appareil + sélectif et + précis, mais là ce n’est qu’une question de moyens.
Merci HP.
Oui, « prédetection », ce terme semble assez pertinent et pourrait peut-être mettre tout le monde d’accord ?
Pour les 500 Bq/kg je ne sais pas si ce seuil est adapté ; une objection est qu’il risque en outre de varier à la hausse ou à la baisse selon les événements et / ou les découvertes scientifiques, les résultats d’études épidémiologiques et donc qu’il n’a rien de gravé dans le marbre. Il faudrait également prévoir des appareils ou des réglages différents selon le critères d’âge, de sexe : adultes, enfants ou femmes enceintes, personnes âgées (moins « sensibles »)…
Cordialement,
Trifou
J’ai passé un moment à regarder ce qui se fait en détecteur, notamment sur ce site https://sites.google.com/site/diygeigercounter/gm-tubes-supported
Il existe des tubes sensibles aux alphas pour quelques dizaines d’euros. Il n’est donc pas utile de séparer les deux fonctions comme je le pensais. Les tubes sensibles seulement aux gamma + béta sont beaucoup moins cher, n’ayant pas besoin d’une fenêtre en mica laissant passer les alphas : moins de 3 euros/pc par 100.
L’électronique pour le faire crépiter est très simple, le tout peut tenir dans l’équivalent d’une lampe-torche de taille modeste pour moins de 100 euros, pour un détecteur assez sensible aussi aux alphas.
Un simple capuchon en acier ou alu permet la mesure des bétas + gammas seuls. Deux accus AA suffisent pour plusieurs heures, le tout est léger et peut se mettre en poche. Une version plate, de la taille d’un paquet de cigarettes, est aussi envisageable.
Les fonctions avancées, dosimètrie, et informatisées, ne sont pas utile pour la détection de points chauds ou la surveillance alimentaire.
Le seuil de 500 Bq/kg ou litre n’est qu’un repère, mais impossible à utiliser, les alphas n’étant mesurable qu’au contact, c’est l’augmentation du crépitement par rapport au bruit de fond qui doit retenir l’attention, un ou des seuils (led jaune et rouge) peuvent facilement être préréglés.
Salut HP,
Sincèrement, les SBM-20, je ne recommande vraiment pas. Leur longueur assez importante est un handicap pour les mini-détecteurs, le prix que tu cites est probablement celui de tubes « as-is » çàd non-testés (et il y a du déchet), un prix de marché plus réaliste est d’environ 15 à 20 Euros par tube à l’unité et environ 120 Euros par 10 (qualité = testés). J’en ai quelques-uns d’avance.
Attention aux tubes « tout verre » comme le GMT-02 très sensible aux photons visibles (soleil, expérience vécue !), ils doivent être enfermés dans des boitiers parfaitement étanches aux rayons lumineux, d’où une mauvaise sensibilité aux Bêtas mous. Ce tube est utilisé dans les kits GMC (GMC-200), le soleil arrive à pénétrer dans le boitier s’il y est exposé directement…
http://www.imagesco.com/geiger/geiger-counter-tube.html
Il existe également les kits Arduino avec ou sans afficheur (40 à 75 Euros), économiques pour qui veut ou peut bricoler un peu.
http://shop.ebay.fr/i.html?_nkw=arduino+geiger&_sacat=0&LH_PrefLoc=0&cmd=Blend&LH_TitleDesc=0
Cordialement,
Trifou
D’accord pour les prix, j’avais vu http://www.befr.ebay.be/itm/x10-Russian-GEIGER-TUBE-COUNTER-SI-3BG-Oty-10-NOS-Calmps-/190572253337 c’est du bas de gamme et pas alpha, les alpha sont + chers.
Les militaires n’ont pas besoin des alphas : ils ne boivent que la bière et mangent des rations, donc pas de danger… et surtout le mica du tube est fragile.
Pour un particulier supposé + soigneux c’est + intéressant d’avoir un pré-détecteur, qui n’a pas besoin d’une forte sensibilité, ni d’être très précis ni donc besoin d’un affichage, encore moins d’un dosimètre. Si besoin, des dosimètres il en existe des tas en vente, assez cher par rapport à ce qu’il y a dedans, d’ailleurs.
La question à définir est : détecteur, prédétecteur ou mesureur, avec ou sans alphas. J’étais parti sur un prédétecteur alpha : pas d’affichage de mesure, juste des clics, et deux ou trois leds : vert : c’est bon, ça clique sur le bruit de fond, ça marche, jaune : hola, rouge : cours!
J’ai testé le click-click dans le rayons fruits et légumes d’un hyper aux heures de pointe, mieux vaut effectivement un détecteur discret et une bonne LED bien directive.
On se retrouve vite avec des curieux de votre curiosité à vos trousses et il faut commencer à expliquer ce que vous faites, pourquoi vous le faites et pourquoi non, vous n’avez pas envie d’aller le faire ailleurs le plus rapidement possible !
Ceci dit rien repéré de « louche » pour l’instant, il est vrai que pré-sélectionner des produits locaux permet – en principe – de rendre l’examen plus sommaire.
J’oubliais : attention au temps de retournement des appareils grand public, les tubes geiger ne sont pas réputés pour être des foudres de guerre dans la montée et la descente des paliers de radioactivité. Dans ce domaine, une détection par excitation (scinti) sera bien plus rapide.
Trifou
Le temps-mort est infime 0,1ms, les clics sont instantanés selon ce que le tube reçoit, c’est l’affichage lcd qui a du mal à suivre rapidement, affichage inexistant sur un prédétecteur, mais je ne sais pas si on parle de la même chose.
Si l’alim haute tension est bien conçue le nombre de clics ne devrait pas varier.
Effectivement, coller un détecteur sur les fruits et légumes du supermarché à l’heure de pointe n’est pas la meilleure façon de passer inaperçu.
Sur les champignons corses et le gibier, peut-être.
Une oreillette serait à envisager, éventuellement bluethoot, avec un tél qui reçoit les clics et les transmet ou les compte.
Bravo pour cet article et un peu de démystification nécessaire pour le grand public !!!
Mince HP je crois que l’on a atteint le maximum de réponses dans le fil aussi je continue ici : j’ai un gros doute sur tes clicks natifs du tube, à mon avis il y a détection, amplification, mise en forme, échantillonnage puis le HP / casque après tout ça.
Je pense que le tube G/M direct n’est pas assez sensible ; prenons le SBM-20 :
à 1µSv/h il donne 150 CPM soit 2.5 CPS
Sur le bruit de fond (0.15) 6 fois moins donc 25 CPM et seulement 0.4 click par seconde ou encore 1 click en moyenne toutes les 2.5 secondes, ça me semble peu non ? De plus, la désintégration étant un phénomène lié au hasard tu peux fort bien avoir des écarts de 2 à 3 soit 5 à 7 secondes entre 2 impulsions sur le bruit de fond. Pas très pratique à suivre à l’oreille…
Trifou
Le gaz dans le tube est ionisé par les particules, quand il atteint son seuil il se « vide » par un « éclair », un court-circuit, comme dans un tube TL, ce qui provoque une chute de la haute tension, signal récupéré et mit en forme pour faire un clic.
Pour seulement surveiller le bruit de fond un tube est peu sensible, il n’est pas conçu pour ça mais pour mesurer des débits importants/dangereux. Et il n’a pas besoin d’être portable facilement.
Dans mon esprit, un prédétecteur de poche ne surveille pas le bruit de fond mais détecte une différence anormale de radiations.
Je ne sais pas si une grande sensibilité est utile (pour un prédétecteur) à cause du temps mort :
si on prend un tube à 95µs, pour 100 clics/seconde on a 9,5ms de temps mort par seconde = 10%, l’afficheur compense (je suppose) et indique une mesure de 101, pour 1000 clics on a 95ms/s et 1100, pour 10 000 on atteint 95% de temps mort, l’afficheur doit indiquer 200 000 pour une fenètre de comptage étroite (5 ms) et donc une précision relativement faible.
Un tube peu sensible aura une plage de fonctionnement + large et avec une meilleure précision en nombre de clics sur les débit moyens et forts a temps mort égal.
Ceci dit, il vaut mieux ne pas rester à compter les clics si ça crépite à 10 000/s…
Reste à définir une plage de fonctionnement, débuter vers 1mSv/an me parait bien > 0,1µSv/h. J’ai lu quelque part 100 à 300 clics par minute (5/s) selon le tube vaut 1 µSv/h. A 0,5 clic/s on est dans le bon, à 5/s on atteint la moyenne, au delà, méfiance. Ceci en l’air, pas sur un objet.
Bien sûr, si c’est pour mesurer les variations du bruit de fond il faut un capteur dont la plage de fonctionnement idéal est peu large pour séparer des niveaux proches, de préférence sans temps mort, de la meilleure sensibilité et si possible capable de différencier les niveaux d’énergies des particules mais là on est loin d’un prédétecteur de poche.
Bonjour
Vous mélangez choux et carottes dans vos explications.
Pour avoir fait le même test, la détection via crystal s’avère la plus efficace mais concerne plutôt un public pro ou averti.
Sans aucun doute le détecteur Pancake s’avère efficace mais mesure l’ensemble de la gamme (alpha, béta, gamma) utile à détecter. Cependant ce senseur s’avère fragile à l’usage et peut adéquate pour une utilisation par un public non éveillé à la question de la mesure.
Bêtement, il s’avère que les petites détecteurs s’avèrent le plus pratique et le moins fragile et répondant aux exigences d’utilisation non professionnelle. Le seuil d’alerte étant difficile à évaluer par le grand public mais l’expérience de Fukushima montre qu’au final, le grand public fini par savoir sans servir.
La détection de la radioactivité dans l’alimentation, sous réserve du type de radio-élément, peut se faire avec un pancake mais aussi avec de grand tube geiger (taille d’une banane). Reste qu’il faut savoir ce qu’on détecte avant de tirer la sonnette d’alarme. Et on en revient à la scintillation gamma professionnelle ou amateur averti.
On peut aussi créer une cage de détection mais cela relève du hacker de bon niveau.
Bref! Le problème de la détection est qu’elle nécessite une compétence technique que seul un appareil intégrant les algorithmes de détection et d’identification peut apporter.
Peut être un jour, il sera disponible sur le marché. Mais cela voudra aussi dire que la situation sera devenu catastrophique.
Revenons sur les seuils d’alarme concernant la radioactivité dans les aliments. Vous l’avez vous même souligner lors d’articles passées, les seuils ont été artificiellement augmentés suite à la catastrophe de Fukushima pour permettre l’export et l’éventuelle dilution des produits contaminés. (Situation anormale).
Par expérience, le seuil doit être inférieur à 100 bq/kg pour une majorité de radio-éléments artificiels. Et je pense encore exagérer.
Bref La question du nucléaire est litigieuse. Elle nécessite une formation minimum que malheureusement la France ne peut fournir vu le niveau de corruption et la qualité déplorable des formateurs en Radioprotections aux cerveaux lessivés par des détails caduques.
Salutations
Bonjour, j’ai pris bonne note de vos arguments. Je pense que la notion de pré-detection évoquée par HP est intéressante : un grand nombre de relevés de terrain, très sommaires, suivi d’une réponse de suivi éventuelle par une asso ou une structure de regroupement citoyenne.
Le tout étant de s’éloigner des circuits classiques de radioprotection ou, mieux, s’appuyer sur leurs compétences mises au service d’intérêts publics et non plus privés.
Je suis sûr que ce circuit permettrait de lever des lièvres qui passent inaperçus actuellement, l’exemple (certes un peu particulier) du Japon est édifiant : les citoyens ne croient plus les relevés officiels ; ils détectent, comparent et trouvent des choses anormales… Idem sur la côte Ouest et le Sud des USA !
Les identificateurs isotopiques / contaminamètres portables existent bel et bien (comme les SAM-935/940 « defender » de BNC = Ludlum « 702″) ; ils sont très simples d’emploi (calibration automatique, compensation de température) mais leur prix élevé (à partir de US$ 10.000 pour un 935) les mettent hors de portée du vulgum pecus et des petites structures. Global Dirt (une véritable ONG) les a d’ailleurs utilisé au Japon pour des relevés indépendants.
http://www.globaldirt.org/map/
J’ai noté en passant que le 940 peut utiliser un détecteur au LaBr3, plus réactif au Plutonium (et à l’UO2/PuO2 ?) que les NaI classiques, officiellement pas très à l’aise avec les WGPu / WGU.
http://www.pnl.gov/main/publications/external/technical_reports/PNNL-15831.pdf
Cordialement,
Trifou
Merci pour vos liens!
Chez de plus en plus d’amateur averti, il existe 3 notions. La détection, la mesure, l’identification.
- La détection concerne les petits compteurs/dosimètre généralistes
- La mesure concerne les « Rate-mètres » (calcul du taux d’irradiation et autres appareils permettent une mesure plus poussée de la radioactivité).
- L’identification concerne tout les appareils capables d’identifier le type de radioactivité ainsi que dans mesurer le taux individuel ou total et d’établir un calcul de dose relatif.
Évidemment la différenciation des appareils sur le marché ne se fait pas sur un seul coup d’œil.
Sans oublier que sous certaine condition il est possible de transformer un mauvais dosimètre en appareil de mesure. (fenêtre mécanique, électronique de taux de comptage, etc…)