Partager la publication « Fissures de cuves de réacteur : un précédent en France ? »
Un étrange courrier de Westinghouse à la NRC évoque des défauts de cuve RD repérés par « les Français » dès 1979
Il semble que des défauts touchant les mêmes cuves réacteur que celle de l’unité n°. 3 de Doel aient été repérés vers la fin des années 1970 au niveau d’au moins une unité électronucléaire française AREVA (ex-Framatome). C’est du moins ce qu’évoque un courrier que l’inventeur de la technologie à eau pressurisée a adressé à la NRC Américaine en date du 31 janvier 1980 :

Des cuves de réacteur fabriquées par Rotterdam Docks et trouvées défectueuses par « les Français » dans les années 1980 ?
L’ASN pèche par omission
Dans un communiqué de l’ASN retransmis le 12/8 par l’AFP, l’autorité Française de sûreté nucléaire estime toutefois qu’aucun réacteur français n’est atteint du défaut constaté à Doel-3 même si certains défauts « non comparables » à ceux valant une fermeture définitive probable de l’unité Belge auraient été repérés sur certaines viroles de cuve (et non sur les tubulures), sans autres détails.
Ce que l’ASN oublie manifestement de préciser dans son communiqué c’est que des défauts avaient manifestement déjà été repérés en 1979 sur les cuves fabriquées par la même société Rotterdam Docks et installées par Framatome sur les réacteurs exploités par EDF.
Résumons :
Les Américains de Westinghouse – concepteurs des PWR – informent en 1980 la NRC que « les Français » ont trouvé dès 1979 des fissures (cracking) sur les cuves assemblées par Rotterdam Docks ; défauts que ces derniers ne retrouvent plus lors de contrôles ultérieurs (un miracle ?) alors que plus récemment des fissures significatives – mais cachées – apparaissent mystérieusement en Belgique lors de contrôles « poussés », et ce, au moment précis où le pays décide de fermer ses réacteurs.
Sachant que les cuves de réacteur ne peuvent ni être réparées ni être remplacées, il y a lieu de commencer à s’interroger sur la cohérence des différentes informations communiquées dans ce dossier.
Attendu que 2 paramètres sont similaires : même technologie de réacteur et même fabrication de cuve réacteur, il est difficile de croire qu’un événement valant une fermeture anticipée en Belgique et des défauts évoqués en France par le fabriquant du matériel il y plus de 30 ans puissent être réduits à un communiqué aussi laconique de l’autorité de sûreté française. Messieurs, il va falloir trouver mieux, maintenant que l’on apprend, de source sûre, que les incidents de 1979 concernaient bien des cuves hollandaises !
Source : Courrier Westinghouse / NRC du 31/1/1980 (anglais)
Lire également : « Les problème des fissures dans les réacteurs PWR », la gazette du nucléaire n°. 29, dans lequel on apprend avec stupéfaction que l’information aurait en fait « fuité » dans la presse par le biais des organisations syndicales d’EDF…
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Je ne comprends pas:
- De quelle type de fissure parle-t-on: de fissure aux interfaces de soudure ou de fissure dues au fatigues thermiques et neutroniques dans la masse de l’acier ?
- Vous parlez de contrôles poussées sur les cuves Belges, mais ceux-ci parlent de nouvelle technologie de contrôle non-destructif pas ultra-son qui auraient révélées ces fissures. Qu’en est-il ?
Bonjour,
De manière très simplifiée on évoque ici tous les défauts présents dans les cuves de réacteur PWR fabriquées par Rotterdam Docks ; c’est le lien qui nous permet de relier les cuves d’une vingtaine de PWR français (Fessenheim, Bugey, Tricastin, Gravelines et Dampierre), celle de Doel et de Tihange en Belgique et une vingtaine d’autres unités dans le monde (d’après Le Monde).
Quand l’ASN tient le double langage de « défauts non identiques » à ceux repérés récemment à Doel, il oublie de spécifier que des défauts de tubulures avaient été repérés dès 1979.
Sachant qu’il existe environ 270 PWR (technologie westinghouse) dans le monde et que seuls environ 10% seraient concernés (cuve Rotterdam Docks) le fait de trouver ces mêmes cuves identifiées comme « défectueuses » en France dès 1979 demande bien plus d’explications qu’un communiqué de 10 lignes de l’ASN.
Quant au CND ultra-sonique « évolué » utilisé par les Belges, il semble bien qu’en 1979 les français puis peu après les Américains utilisaient déjà cette technique (robot plongeur au contact et passes croisées).
Voir le document de Westinghouse et aussi http://web4.ecolo.be/?Ecolo-et-Groen-demandent-une
Cordialement,
Trifou
Lien corrigé, merci.
En ce qui concerne le fabriquant des cuves, Westinghouse semble bien faire le rapprochement entre « Rotterdam Docks » et « les Français » même si la certitude n’est pas absolue ; pourquoi auraient-ils effectués des contrôles « à la française » sur des cuves d’un autre fabriquant ?
Merci en tout cas pour l’info, je vais tenter de vérifier tout ça même si, côté France, rien n’est facilement traçable à cette époque…
Trifou