Partager la publication « Fukushima : le niveau technique du BR1 trop radioactif, le couvercle du confinement endommagé ? »
Chris Canine, expert en REB et instructeur en radioprotection pense que le couvercle du confinement endommagé aurait également cédé au niveau de l’unité n°. 1
Chris a travaillé durant 15 années dans une vingtaine de centrales nucléaires aux États-Unis ainsi qu’au Japon, il a ainsi travaillé a Fukushima-Daiichi et Daini dans la fin des années 1970. M. Canine craint que l’opérateur n’élude le fait que le couvercle du confinement endommagé n’ait rendu et ne rende les interventions difficiles voire impossibles au niveau des étages supérieurs de l’unité n°. 1. Il s’exprime sur enenews suite à la récente annonce faite par Tepco d’utiliser – enfin – un petit engin télécommandé, en l’occurrence un dirigeable, afin d’examiner en août les niveaux supérieurs du bâtiment-réacteur n°. 1.
« Dire ceci revient à déclarer que le niveau technique du BR1 est trop radioactif pour une intervention humaine »
Chris déduit de cette déclaration de Tepco que l’opérateur ne peut faire effectuer une simple mission d’observation par des techniciens humains du fait d’une radioactivité trop importante au niveau des étages supérieurs de l’ex-unité n°. 1.

Le couvercle d’un confinement REB
Le couvercle du confinement est fixé à la partie supérieure du drywell (la cuve de confinement) au moyen d’une cinquantaine d’énormes boulons ; l’étanchéité de l’ensemble est assurée par un joint souple torique étant censé résister à une pression d’environ 70 PSI.
De nombreux experts dont allthingsnuclear et Arnie Gundersen estiment que ce joint a pu se détériorer suite à la montée en pression de l’unité n°. 1 le 12 mars 2011 (estimée à environ 125 PSI) induite par la fusion simultanée du cœur ; cette dépressurisation – explosive ? – est peut-être à l’origine de la détérioration du couvercle du confinement endommagé, du décalottage des niveaux supérieurs du BR1 et de la création d’un déconfinement permanent d’une ou de plusieurs ex-unités.
Réfléchissons : pourquoi Tepco a-t-il planté une « tente » sur l’ex-bâtiment n°. 1 ?
Nous nous sommes longtemps interrogés, et nous nous interrogeons encore sur la « bizarrerie » installée, après plusieurs mois d’efforts, au niveau de l’ex-BR1. Pourquoi cette structure légère et surtout, pourquoi sur le n°. 1 uniquement, l’installation n°. 3 semblant avoir bien plus souffert des explosions attribuées à l’hydrogène ?
Le mois dernier, soit 15 mois après les explosions des unités n°. 1 à 4 de Fukushima-Daiichi, le robot Quince intervenait – enfin – au niveau V de l’unité n°. 2 pour y relever des doses de radioactivité énormes atteignant pratiquement 1 Sv/h au niveau du puits du réacteur n°. 2.
Or Il n’y a aucune raison logique, selon Chris Canine, pour que de tels niveaux d’irradiation soient mesurés au niveau de l’étage technique. L’ingénieur pense que le couvercle du confinement de l’unité n°.1 s’est plus ou moins désolidarisé du confinement et que cette événement pourrait pénaliser durablement les probabilités d’avancées dans le « problème » du n°. 1.
La tente dressée au niveau de l’unité n°1 « étoufferait » les radiations et la contamination
La structure légère installée par Tepco autour du BR1 empêcherait ainsi paradoxalement toute intervention dans les niveaux supérieurs de cette structure. Le fait qu’aucune opération « robotique » (1) n’ait été menée en 16 mois sur la partie haute de cette même ex-unité n°. 1 (2) tendrait donc à confirmer que le problème n’est pas près d’être résolu : si Tepco « débâchait » le n°. 1, il libèrerait alors des quantités impressionnantes de radionucléides dans l’atmosphère – qui a déjà eu « sa dose » - et s’il continue à contenir en permanence les contaminations dans la tente, alors les hommes ne peuvent intervenir et les robots uniquement de manière très occasionnelle. Nous suivrons avec le plus grand intérêt cette mission d’observation « aérienne » prévue dans le courant du mois d’août, surtout dans sa mission de dosimétrie (et peut-être de Gammamétrie).

Un robot « Irobot » à l’œuvre au niveau du 1er étage de l’unité n°. 1 ; à notre connaissance, aucune mission de ce genre n’a été conduite à ce jour au niveau des étages supérieurs du même bâtiment
Le n°. 1, le moins perfectionné et le plus ancien des ex-réacteurs de Fukushima-Daiichi
Nous rappellerons pour conclure que l’unité n°.1 était non seulement le plus vieux des réacteurs installés sur le site (1970) mais également une des plus anciennes révisions techniques des réacteurs à eau bouillante fabriqués par General Electric encore en service à ce jour (Mark-I BWR/3) (3).
Les révisions ultérieures (4), beaucoup plus puissantes et élaborées, visaient à corriger un certain nombre de défauts et de faiblesses de la révision BWR/3, faiblesses que certains ingénieurs – tels ceux d’ATN – n’hésitent pas à mettre directement en cause pour expliquer la chronologie accidentelle par trop rapide de l’unité n°. 1 (5) et la détérioration du confinement endommagé.
(1) A noter que les « robots » n’en sont pas réellement car il sont entièrement commandés à distance et sont par exemple incapables de se diriger seuls ; ils ne possèdent donc pas réellement d’intelligence artificielle
(2) 18/4/11; mission iRobot niveau 1F ; 29/4/11 mission Packbot niveau 1 ; 2/8/11 mission Packbot niveau 2F (5 Sv/h !) ; 14/5/12 mission Quince « Gammagraphie » au niveau 1 ; 4/7/12 mission Quince « TIPS », niveau 1
(3) Aux USA, seules les unités de Nine Mile Point-1 et Oyster Creek sont plus anciennes (BWR/2, année 1969) ; au Japon Tsuruga-1 est également un BWR/2 de 320 MWe (?) datant de 1969
(4) 1F2-1F5 : révision BWR/4 ; 1F6 : révision BWR/5
(5) Il ne s’est passé que 25 heures entre la perte d’alimentation électrique et l’explosion de l’unité n°. 1 !
Source : enenews, 2/8, (lire également les commentaires forts instructifs sur une « révélation partielle » possible de Tepco dans cette affaire visant à masquer / préparer une révélation beaucoup plus embarrassante)
Lire également :
Possible cause of reactor building explosions, allthingsnuclear, 18/3/11
New containment Flaw indentified in BWR Mk1 ?, Gundersen, janvier 2012 (352)
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