Au Japon, le nucléaire n’attire plus les étudiants

Selon une enquête de la NHK, la filière nucléaire n’attire plus les étudiants

Les conférences préparant à l’admission dans la filière d’enseignement supérieur de l’énergie nucléaire voient le nombre de participants et donc d’étudiants potentiels décliner depuis l’accident de Fukushima-Daiichi alors que les probabilités d’emploi y étaient pourtant traditionnellement proches de 100%.

Au Japon, la filière nucléaire n'attire plus les étudiants

La réunion d’information sur la filière et les emplois liés au secteur électronucléaire a vu le nombre d’inscrits passer de 1900 en 2011 à 500 en 2012 (NHK)

40% des universités questionnées reconnaissent avoir moins d’étudiants dans la filière électronucléaire

La NHK a expédié un questionnaire auprès des universités préparant aux métiers de l’industrie électronucléaire au Japon ; il s’avère que si une petite moitié des établissements ne note pas de décroissance de leurs effectifs, 37% des universités questionnées signalent que le nombre d’étudiants inscrits à ces préparations a effectivement diminué.

Un énorme problème de formation de personnel qualifié se prépare au Japon

Nous avons très souvent mentionné que Tepco et les sous-traitants qualifiés qu’il emploie sur l’énorme chantier de Fukushima-Daiichi font face déjà depuis de longs mois à des pénuries importantes de recrutement. Le problème risque de s’aggraver, car il devient évident qu’une majorité de Japonais, touchés de près ou de loin par la catastrophe nucléaire, s’éloigne chaque jour un peu plus de cette industrie et de ses métiers, à défaut de pouvoir s’éloigner des réacteurs nucléaires autant qu’ils le souhaiteraient.

Boum, un paradoxe nucléaire de plus !

Le secteur recrute abondamment mais les jeunes qualifiés fuient la filière : même si le Japon décidait d’ici quelques semaines, comme il est très probable (1), de fixer une date d’échéance pour la fin de la production électronucléaire au Japon, les dizaines de milliers d’emplois qui seront induits par les énormes chantiers de déconstruction de la filière risquent de ne jamais être pourvus.

Remarquez, si j’avais 20 ans et un métier à choisir, je crois que le choix serait vite fait : tout sauf ce secteur dangereux et décadent !


(1) Le gouvernement Japonais réfléchirait actuellement entre l’abandon complet de la production électronucléaire à l’horizon 2030 et l’arrêt définitif de la moitié du nombre de réacteurs actuels (une cinquantaine) ; les partisans de l’option zéro nucléaire en 2030 semblent remporter la partie ce qui serait une des rares bonnes nouvelles induites par le drame nucléaire Japonais


Source : Fukushima Daiichi Special, NHK, 17 juillet 2012 (178)

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  • Roland

    La sortie du nucléaire suppose l’approche du démantèlement, du contrôle des combustibles, de la gestion des déchets. Les universités peuvent s’emparer de cette question, préparer de nouveaux profils de formation. L’enseignement supérieur doit aussi se pencher sur la transmission de la « mémoire », le passage de relais d’une génération à l’autre, au fil d’un long parcours.

  • Ubick

    Il serait intéressant de voir ce qui se profile en ce domaine dans les autres pays nucléarisés…