Partager la publication « Japon : les réacteurs d’Ohi en sursis ? »
L’ancien vice-président de la JAEA (1) Shunichi Tanaka, candidat officiel au poste de directeur général de la future NRC Japonaise (2), vient de prévenir l’exploitant du site d’Ohi, l’électricien KEPCO, que s’il se confirmait que le site de production électronucléaire s’avérait bien être localisé à proximité d’une zone sismique dangereuse (faille active), son permis d’exploitation pourrait se voir suspendu.
Un permis d’exploitation révocable à tout moment en cas de faille sismique avérée à Ohi
Suite aux déclarations de deux sismologues Japonais réputés, il semblerait que le site d’Ohi soit placé au niveau d’une zone fragile sur le plan sismologique, puisqu’elle serait située très prés ou directement à cheval sur une faille active (3). Les scientifiques avaient critiqué le redémarrage précipité des unités n°. 3 et 4 de cette centrale, précisant même à cette occasion que : « Le Japon était en train d’ignorer les leçons sécuritaires qu’il avait lui-même définies l’année dernière » ainsi qu‘ »Un sérieux recul des normes de sécurité« .
Comme ils s’agissait de déclarations de deux « pointures » scientifiques, la future commission de régulation entend apparemment tirer l’affaire au clair et menace de ne pas valider le redémarrage précipité que les services de M. Noda ont pourtant jugé urgent de réaliser en balayant d’un revers de main les nombreux avis contraires.
Une déclaration bienvenue et lourde de sens pour les nucléocrates
Voilà une déclaration qui risque de refroidir l’ardeur des zélateurs de la « relance rapide » du nucléaire Japonais et de renforcer le sentiment de panique flottant dans leurs rangs depuis la catastrophe nucléaire ; elle permettra également de valider l’indépendance réelle de la future NSC vis-à-vis des manipulations et compromissions qui ont entaché l’histoire de sa prédécesseuse, l’infâme NISA.

Les failles sismiques situées directement sous les installations d’Ohi, selon le Pr. Ishibashi de l’université de Kobe. La faille active (F6, en gras) serait située précisément entre les bâtiments n°. 2 et 3. (Asahi Shimbun)
(1) Japan Atomic Energy Agency, agence semi-officielle de promotion et de recherche sur l’énergie nucléaire civile au Japon, correspondant officiel de l’AIEA dans ce pays
(2) Nuclear Security Commission, organisme officiel de régulation et de sureté nucléaire Japonais qui remplacera la NISA à l’automne 2012
(3) Faille active, active fault, se dit d’une zone dite « d’aléa sismique » au niveau de laquelle des précautions particulières doivent être prises pour éviter la création d’un « risque sismique » au niveau d’éventuelles installations industrielles
Source : Kyodo News, 1/8 (166)
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