Nouvel exemple de manipulation à Fukushima : les examens « WBC »

Deux hommes âgés de 70 ans habitant Fukushima souffrent d’une contamination interne importante mais probablement très minimisée par les autorités

Le premier individu habite à Kawamata (40 km au Nord-Ouest de Fukushima-Daiichi) ; l’activité interne totale de Césium 134+137 (1) a été contrôlée chez lui à près de 20 KBq (285Bq/kg) alors que le second, habitant Nihonmatsu, (50 km à L’ouest de Fukushima-Daiichi) présentait quant à lui une activité « corps entier » estimée à 12 KBq (170Bq/kg).

Nouvel exemple de manipulation à Fukushima : les "WBC"

La source contaminante : probablement des champignons sauvages « shiitake » ?

D’après le Mainichi, les deux couples (2) consommeraient régulièrement des champignons « shiitake » dont les Japonais raffolent et qui possèdent pour particularité – y compris ceux cultivés sous abri – de re-concentrer les Césiums par bio-accumulation ; les champignons digèrent les radioéléments en quelques sorte.

Les arnaques du Whole Body Counter ou anthroporadiamètre

Premièrement, les WBC ne peuvent repérer que les contaminants émettant des photons de haute énergie, ce qui élimine d’emblée les contaminations internes provenant d’émetteurs Alpha/Bêta et / ou Gamma faiblement énergétiques (3). C’est le cas de certains actinides (descendants de l’Uranium) comme le Plutonium-241 dont on sait qu’il était contenu dans les cœurs de Fukushima-Daiichi à hauteur d’une centaine de kilogrammes, ce qui représente pourtant des millions de doses potentiellement mortelles dont au moins une partie a été dispersée à des distances importantes du site.

Secondement, les rapports de conversion de dose (corps entier / kg) sont inadaptés car les contaminants sont généralement relocalisés une fois qu’ils ont pénétré dans le corps humain : les Césiums se dirigent de préférence vers les muscles (dont le cœur) et les os (circuit d’incorporation du Potassium), les Iodes vers la thyroïde, les Actinides vers les poumons et le sang (appareil respiratoire)… C’est au total une partie seulement du corps qui est affectée par les irradiations locales engendrées par les contaminants, d’autant plus que leur portée est parfois extrêmement limitée (quelques mm pour les émetteurs Alpha purs).

Si quelques particules de Plutonium (ou d’autres actinides) se coincent dans un sac alvéolaire pulmonaire, la zone d’action de ce radionucléide ne concernera alors plus le « corps entier » mais une masse des centaines de fois inférieure ; vous aurez alors compris que :

1) L’émetteur Alpha ne sera pas ou très peu repéré par l’examen WBC

2) Même s’il était évalué, le rapport d’activité massique (Bq/kg) serait parfaitement imprécis car la radioactivité incorporée n’agirait ensuite que sur une toute petite fraction du corps ; à échelle comparable (celle des cellules avoisinantes et celle de la particule irradiante), l’effet est fatalement important

« Étoile » provoquée par une particule chaude unique Alpha dans un poumon de singe – Grossissement : 500x, durée d’exposition : 48h, radionucléide : Plutonium
D.R. : Del Tredici, 1997

(1) Il s’agit bien d’une activité interne c’est à dire de Césium ayant pénétré les barrières du corps physique par inhalation, ingestion ou de manière cutanée (peau)

(2) Les épouses ont également été contrôlées mais présentaient des doses « corps entier » plus faibles

(3) La limitation est double : les Alpha, Bêta et Gammas mous ont une « portée » très réduite et ne franchissent généralement pas l’enveloppe du corps humain ; la limitation est également technique car les détecteurs utilisés ne réagissent qu’aux photons et donc aux rayons Gamma


Source : Mainichi Daily, 22/8/12


Lire également :

Irradiation et contamination, Accro, 9/2003

Irradiation médicale et contamination accidentelle, gen4, 30/7/11

« Les habitants de Fukushima ont inhalé jusqu’à 400 particules chaudes par jour », Aweb2u, 23/6/11

« Une comparaison « raisonnable » entre un moteur de voiture et un citoyen de Fukushima-city », gen4, 11/12/11 (402)

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  • HP

    C’est le danger des particules alpha-bétas ingérées : elles sont difficilement repérables et mesurables, encore moins traitables. D’où l’importance de les repérer avant ingestion, et pour celles-là pas question de survoler la région en avion, il faut être au contact.

  • Roland

    La question des champignons reste sensible. Les mesures d’interdiction à la commercialisation sont-elles maintenues ? Une interdiction de cueillette sera-t-elle édictée par les autorités, en particulier les responsables municipaux ? Les habitants doivent être rappelés à la terrible réalité, à l’impératif de contrôler rigoureusement leur alimentation, de bannir les aliments sur – contaminants.
    Quel sera le suivi de ces personnes ? Apporteront-elles leur témoignage ?

    • jmdesp

      Le monsieur a été exposé à 1 mSV, trois fois moins que la dose moyenne d’exposition des américains aux rayons X, 5 fois inférieur à la dose annuelle reçue en moyenne au total dans le limousin et la bretagne. On peut faire un suivi, mais à 70 ans les stats sont implacables, le risque qu’il ait de toute façon un cancer est très élevé, sauf peut-être s’il est non fumeur avec une hygiène de vie stricte, pas d’alcool non plus, l’acétaldéhyde est fortement cancérigène.

      • trifouillax

        Bon il va falloir en remettre une couche apparemment : ce monsieur a été touché par une contamination ou une exposition interne si vous voulez, on n’évoque pas ici une simple irradiation. La nuance est de taille même si le bloc électronucléaire affirme haut et fort le contraire, sans doute avec un petit calcul derrière la tête.

        Il n’est donc absolument pas judicieux dans ce cas d’évoquer une « ‘exposition ». Ce terme est malvenu, trompeur et orienté.

        Tant que certains « spécialistes » tiendront ce discours d’arrière-garde il ne seront pas crédibles pour 2 sous.

        Cordialement,
        Trifou

      • jmdesp

        trifouillax, la dose est exprimé en mSv précisément pour prendre en compte l’exposition interne. La dose alpha brute est donc multipliée par 20 pour donner le résultat en Sievert.
        Ce sont les effets et les coefficients de correspondance déterminés par la médecine.

      • trifouillax

        Alors là, je patauge complétement :

        1) Les césiums ne sont pas des émetteurs Alpha mais Bêta / Gamma
        2) S’ils l’étaient ils ne seraient de toute façon pas détectés par le WBC à travers les organes, le derme et la distance du cristal de détection à la source interne.

        C’était le sens du billet, que le WBC ne pouvait détecter les Alpha, Bêtas et Gammas mous. C’est une manière de « simplifier » (effacer ?) le problème des noyaux lourds dont vous évitez soigneusement de parler !

        J’aimerais bien avoir le détail du calcul ou la source de cette dose « équivalente » de 1mSv ?

        Cordialement,
        Trifou

      • Lionel F.

        Monsieur jmdesp vous mentez ou faites des affirmations erronées !
        La moyenne de mes relevés en Bretagne était de 0.250 µSv/h ( Côtes-d’Armor ) ce qui nous faisait une exposition moyenne de 2.2 mSv/an !
        Vous vous tirez des balles dans le pied et désespérément vous persévérez…
        Vos arguments sont caduques, ce sont les mêmes que ceux des responsables des tirs atmosphériques en Algérie ou à Muru et c’est vraiment indigne, qui voulaient démontrer que les risques sont les mêmes dans la nature, avec le soleil… Bref, sans aucun intérêt scientifique.
        De toute évidence vous êtes ici confronté à des personnes bien plus compétentes que vous, inclinez-vous et l’honneur sera sauf !!!

    • JAnonymous

      Cher Roland,

      D’apres ce qu’on peut en lire sur les differents blogs, ces deux couples raffolaient de champignons qu’ils elevaient eux-memes sur des souches venant de la prefecture. Nihonmatsu comme Kawamata sont dans la prefecture de Fukushima, comme on peut le voir sur la carte.

      Etant donne l’age de ces personnes, il y a fort a parier que leurs sources d’actualites soient la presse ecrite et peut-etre la television. A partir de la, on imagine le faux sentiment de securite qui devait les habiter. Probablement qu’ils se sont contentes de bien les laver, en repetant le refrain « sans effet [immediat] sur la sante »….

      Comme vous le precisez, les habitants doivent etre rappeles a la terrible realite. Ces deux couples, oui, mais aussi tous ceux qui achetent des denrees sans accorder d’attention a la provenance, pensant que « si les produits sont en vente c’est qu’ils sont surs ». Pour cela, il faut une prise de conscience des media de masse, ceux-la meme ou ce couple puise ses informations, ses sentiments de securite.

  • trifouillax

    Vous voulez rire ? On a trouvé du Plutonium et de l’Américium de Fuku jusqu’à Tokyo ainsi que 8000 CPS de Pu-239 à Iwaki, à 25 Km au Sud de la centrale, zone non évacuée bien sûr. Ah oui, des relevés indépendants bien sûr (Global Dirt), car officiellement, comme vous le dites les noyaux lourds n’ont pas quitté les réacteurs.

    Le célèbre papier publié dans « nature » sur les mutation constatées sur les papillons de Fukushima évoque d’ailleurs le Pu :

     » In view of the detection of plutonium released from the Fukushima Dai-ichi NPP44, the possible risk of internal exposure from ingestion should be investigated more accurately in the near future. »

    http://www.nature.com/srep/2012/120809/srep00570/full/srep00570.html

    Les actinides qui ne voyagent pas au-delà des barbelés du site, c’était peut-être bon du temps de l’OCPRI mais aujourd’hui l’accident de Fukushima prouve le contraire.

    Il n’y a plus qu’une arrière-garde nucléocrate réactionnaire pour tenir ce genre de discours aujourd’hui.

    Trifou

    • Ubick

       »
      Il s’agissait donc de gens qui se nourrissaient de champignons qu’ils avaient fait pousser eux même, au mépris des règles érigées ».
      Ou comment retourner la culpabilité en une phrase. On voit bien d’ou vient le véritable mépris…

      • jmdesp

        Il ne s’agit pas de mépris. C’est le constat que ce taux de contamination surprenant par rapport au niveau de précaution pris a une explication claire qui heureusement n’est pas une faille dans le système mis en place pour contrôler la contamination des aliments fournis au public.

        Cela dit à 1mSv/an, il peut me les donner ses champignons, j’en gouterait volontiers. C’est moins dangereux que les polluants chimiques qu’on peut malheureusement retrouver dans l’eau potable de trop nombreuses communes françaises. Lire à ce sujet : http://www.intelligenceverte.org/eau-potable-et-cancer.asp (bien sûr on parle ici d’un risque extrêmement faible. Mais en appliquant la règle linéaire sans seuil celui d’1mSv l’est encore plus. Heureusement puisque la dose annuelle par personne est nettement supérieure)

        On peut aussi noter qu’au même moment les failles dans la sécurité sanitaire des aliments viennent de tuer au Japon 7 personnes par infection par E.Coli.
        Cf http://www.abc.net.au/news/2012-08-19/contaminated-pickles-kill-seven-in-japan/4208972
        Je peux prendre les données médicale sur la contamination au césium 137, les retourner dans tout les sens que je veux, la conclusion reste que le risque est heureusement très fortement inférieur à celui qu’à posé cette contamination E.Coli.
        Ou bien celle de l’an dernier en Allemagne avec 50 morts et 2000 malades.

        Je sens que je vais me faire traiter de vendu du nucléaire. Je tiens à préciser que je n’ai aucun lien avec cette industrie, et que ma position indépendante c’est aussi de très forte critique tant sur la manière dont Tepco a géré cette crise, que les précautions qui auraient du être prise avant.

        Pour autant, susciter des angoisses au sujet des radiations qui ne sont pas basées sur un examen sérieux, et contradictoire de la cohérence des données médicale ou scientifique disponible à ce sujet, de la part d’un ensemble de sources, c’est bien cela qui fait le plus de mal aux habitants de Fukushima. Et par ailleurs, ce choix de fuir le nucléaire, est juste celui de tomber juste dans les rets d’autres industries, pétrolière, gazière ou du charbon, qui n’ont en réalité aucunement des qualités supérieures.

      • Ubick

        Inutile d’essayer des contorsions à base d’E.coli ou d’essayer d’opposer les différentes sources d’énergies pour évacuer le propos tenu.
        Quand au niveau de précaution pris, il consisterait tout d’abord, avant d’ériger des règles post-accidentelles destinées surtout à couvrir ses arrières et à culpabiliser l’habitant qui consomme depuis des générations les produits de son sol, à ne pas ériger de centrales sur des zones hautement sismiques et à ras du sol (en rasant une falaise) sur une côte exposée au tsunamis, et ce au mépris de toute considération humaine.
        L’explication est, hélas, bien claire, et vous avez sans doute bien compris le sens de ma première et concise intervention.

        Quand au système mis en place pour contrôler les conséquences de cette catastrophe d’origine humaine, pensez-vous sincèrement qu’il soit aussi infaillible que les centrales? Faudra-t-il en arriver à mettre un policier derrière chaque Japonais cueilleur de champignons (et ils sont nombreux!), ou mettre des panneaux indicateurs sous-marins pour interdire aux petits poissons de venir s’alimenter dans les eaux contaminées?
        D’autant plus que vous relevez vous-mêmes des failles dans la sécurité alimentaire, mais uniquement quand cela arrange votre propos…Et essayer de retourner la culpabilité en accusant les lanceurs d’alertes de faire plus de mal aux Japonais que les retombées des réacteurs en ruines est un procédé un peu daté et totalement cynique , généralement utilisé lorsqu’on est à court d’arguments.
        Il n’est pire aveugle que celui qui ne veut voir.

  • trifouillax

    Oui sur le principe de la capture électronique (un bon souvenir sur RPCirkus ;) émettant du ‘X’ et la désexcitation Gamma mais ces phénomènes me semble rester extrêmement marginaux d’où d’ailleurs leur découverte tardive.

    Non sur la forme : dans le cas du WBC Fastcan de Canberra, la fenêtre d’énergie s’étend de 0.3 à 1.8 MeV et les X-Ray ne dépassent pas 0.12 MeV pour les plus « costauds ».

    http://www.canberra.com/pdf/Products/FASTSCAN-SS-C9810.pdf

    http://en.wikipedia.org/wiki/X-ray

    Pour revenir sur le Pu détecté à Iwaki il me semble me rappeler qu’il avait été dispersé après l’explosion du 14/3 (réacteur 3) quand le vent avait tourné pour pousser tout ce petit monde vers le Sud. C’est ce même vent farceur qui a valu des descentes de noyaux moyens jusqu’à Tokyo et Nagoya.

    Dernier point, à part des bénévoles, personne ne recherche officiellement les Alpha au Japon. Tout se passe par avion, à plus de 100 pieds du sol et… avec un ou deux gros cailloux de NaI aussi myopes que ceux du Canberra.

    Cette discussion est intéressante sur le plan technique mais, je ne sais pas exactement pourquoi, il y a dans toute cette théorie nucléaire quelque chose d’aussi froid qu’un caillou, que la lune ou qu’une lointaine étoile… Sans même évoquer la caste des scienti-politiques et leur fichu Plutonium qui ne sert qu’à farcir des bombinettes surnuméraires !

    Le témoignage de Gorbatchev – qui est finalement devenu un anti-nucléaire engagé – publié dans le dernier billet est révélateur…

    Cordialement,
    Trifou

    • Lionel F.

      Oh !!! jmdesp a été débranché de la matrice, les arguments de Trifou ont dû provoquer un court-circuit…

      • jmdesp

        Non, simplement si je viens sur ce site, je passe automatiquement beaucoup trop de temps dessus. Donc j’ai évité.

  • Ubick

    Libre a vous d’opposer les sources d’énergies, d’avoir une vision manichéenne et réductrice des alternatives, de déduire que je cautionne les morts du au charbon, de me faire dire ce que vous imaginez, les lecteurs rectifieront d’eux-même… cela n’en fait pas une vérité pour autant, et personne je pense n’est dupe de vos procédés. J’aurais pu moi aussi me lancer dans une diatribe chiffrée sur les déchets, par exemple. Le sujet ici est le déni de réalité des autorités sur les conséquences sanitaires et environnementales du triple accident. Accuser le charbon ne dédouane pas d’une réponse honnête et précise, sans contorsions et hors-sujet: Ni les cueilleurs de champignons, ni les lanceurs d’alertes, comme vous le laissez entendre, ne sont responsables de la situation à Fukushima, CQFD et point barre. Encore une fois libre à vous de soutenir le contraire, mais quand je lis des posts avec ce genre d’insinuations, désolé, je ne laisse pas passer.

    Et encore une fois, pour abonder dans votre sens: OK, le nucléaire est indispensable et irremplaçable? Alors le rôle des veilleurs est d’autant plus important, vu le comportement du village nucléaire.