Partager la publication « Masao Yoshida, ancien Directeur de Fukushima-Daiichi déclare : « nous avons besoin d’une aide internationale » »
Masao Yoshida, ancien Directeur de Fukushima-Daiichi brise enfin le radio-silence
Nous en avions beaucoup parlé récemment, l’ancien Directeur de FD Masao Yoshida a récemment raconté dans un vidéo-reportage diffusé avant-hier sur The Australian (sur abonnement uniquement) comment lui et ses équipes de techniciens (les « 50″ de Fukushima) ont cru que leur dernière heure était arrivée quand, le 14 mars 2011 à 9h, le réacteur n°. 3 de la centrale de Fukushima-Daiichi était détruit par une explosion toujours mal documentée à ce jour.
« Le site n’est toujours pas stabilisé à ce jour »
M. Yoshida explique encore que, malgré les affirmations du gouvernement Japonais, le site de Fukushima-Daiichi n’est toujours pas stabilisé et qu »‘il est nécessaire de mobiliser une assistance internationale et notamment des ingénieurs, des technologies et des appréciations venant de tous les coins du monde. »
« Les enquêtes étant achevées, je brise le silence… »
M. Yoshida affirme ne pas s’être exprimé en public auparavant car les investigations des différentes commissions d’enquête sur l’accident n’étaient pas terminées. L’ancien Directeur affirme que les commissions d’enquête n’ont pu ni apprécier ni retransmettre les aventures humaines narrées lors des entretiens mais reporter uniquement des faits matériels.
Commentaire : Un appel à l’aide internationale est une chose, la voir se motiver et s’intéresser à une situation désespérée et minimisée durant 17 mois en est une autre… Nous estimons que malheureusement, il est trop tard, bien trop tard pour agir dans ces circonstances et que l’appel de M. Yoshida a été bien trop procrastiné et qu’il ressemble à un appel tardif aux pompiers, une fois qu’il ne reste plus rien à brûler.
Le fait que le gouvernement Japonais ait toujours refusé – tout au moins officiellement – les propositions d’assistance internationales antérieures complique un peu plus la situation vis-à-vis d’un pays qui se veut traditionnellement auto-suffisant.
Et ce ne sont pas les récents ersatz de coopération internationale dans le domaine de la « décontamination » qui changeront la donne, il faut même se mettre à la place des pays sollicités par les Japonais (US, UK, France et Ukraine) (1) pour se questionner sur l’opportunité commerciale de fourrer le nez aussi tardivement dans un guêpier atomique aussi développé ; il y a peut-être plus à y perdre qu’à y gagner…
(1) Notons en passant que la France est le seul pays « sollicité » par les Japonais pour la décontamination qui n’ait pas été – à ce jour – concerné par un désastre nucléaire dépassant le niveau 4
Sources :
enenews, 11/8/11 (300)
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Une confirmation : la situation est toujours aussi délicate. Le sursis obtenu par le cabinet Noda n’est pas propre à nourrir des gestes forts. Nous vivons l’an 2 de l’ère Fukushima. Mesurons que nous sommes à l’aube d’un très long processus, qui sollicitera de nombreuses générations (dans l’hypothèse où la discordance des temps nous apporte le temps long dont nous avons besoin). Militons pour le transfert de la maîtrise des suites de la catastrophe nucléaire au secrétaire général de l’ONU.
En réalité, la fusion en 1980 du réacteur du Saint Laurent des Eaux a été classée au niveau 4.
Vu les traces de plutonium dans la rivière, et la contamination des nettoyeurs, le classement au niveau 4 est probablement sous-estimé. On travaillait avec très peu de transparence à l’époque, et je pense qu’une ASN avec la rigueur d’aujourd’hui aurait demandé l’arrêt de la filière UNGG après l’incident de 69.