Quoi de neuf à Fukushima-Daiichi – J+566

Des débris métalliques retrouvés au sein du confinement de l’unité n°. 1 de Fukushima-Daiichi (Niveau technique : 1/5, longueur article 4/5)

Après que Tepco se soit finalement décidé à forer un trou dans le confinement de l’unité n°. 1 de Fukushima-Daiichi, au niveau du regard numéroté X-100B, une caméra introduite par cet orifice a permis de constater que l’état interne du confinement n°. 1 présentait plusieurs anomalies par rapport à celui du n°. 2 inspecté précédemment.

Commentaires sur la vidéo de l’opération publiée ce jour par Tepco :

- 02:00 : La caméra traverse le confinement en béton ; on aperçoit les copeaux forés par l’outil ayant percé la cuve PCV

- 05:00 : On reconnait sur la partie gauche l’intérieur oxydé et rougeâtre de la cuve déjà remarqué au niveau des reconnaissances effectuées dans la cuve PCV n°. 2 ; on remarquera que l’image est d’assez mauvaise qualité (brouillard ?) mais que les pixels de photons sont assez peu nombreux, indice d’une radioactivité modérée au niveau du confinement

- 15:00 : La caméra, après être passée à proximité du hatch (2) s’attarde au niveau d’une ouverture circulaire, probablement l’un des évents (jet deflector) menant au tore qui se situe sous le drywell ; un éclat métallique attire notre attention à ce niveau…

- 16:00 : Ce reflet se prolonge tout autour de l’ouverture ; la caméra finit par traverser cette dernière dont l’épaisseur semble importante (celle de la cuve PCV ?)

- 18:45 : Toujours ces reflets métalliques constatés au niveau de débris au fond de l’évent qui semblent tout aussi métalliques

19:49 : Tiens, une vieille connaissance : cet amalgame ressemble aux trainées rougeâtres et très radioactives que l’on avait remarqué au niveau des rails de l’equipment hatch n°. 3 en novembre 2011

Traces rougeâtres au niveau des rails du hatch n°. 3, photo prise le 22 novembre 2011

21:50: Un amalgame métallique semble comme fondu sur la partie droite de l’image

28:30 : La caméra recule en repassant à travers l’évent, on visualise alors parfaitement les fameuses traces d’oxydation rougeâtres sur la cuve PCV

Notes : A la différence de la vidéo tournée dans le confinement de l’unité n°. 2, on ne remarque aucunement la présence d’eau et la radioactivité y semble très modérée, à moins que la caméra ne soit particulièrement blindée ou encore située à distance de la prise de vues, l’interfaçage étant réalisé par l’intermédiaire d’une fibre optique.

On se rappellera par ailleurs qu’une seconde endoscopie endoscopie réalisée dans l’unité n°. 2 ne révélait pas de traces de débris métalliques aussi apparents ; ceci dit l’endoscope ne s’était pas déplacé exactement au même point de la cuve, notamment les échappatoires offerts par les évents de tore qui pourraient avoir été empruntés par tout ou partie du combustible en fusion.

Fukushima-diary propose dorénavant des traductions françaises de ses informations

Depuis maintenant quelques semaines le blog de notre ami Mochizuki propose la traduction d’une grande partie de ses billets en français à la suite des articles originaux en anglais. Afin d’éviter de faire le travail en double, gen4 ne proposera plus de suivi de ces billets déjà traduits, à moins d’apporter une analyse différente des faits ou des éclairages techniques complémentaires.

Nous vous invitons donc à consulter régulièrement le blog ci-dessus et de démontrer ainsi votre soutien à ce jeune Japonais qui a fui la contamination de son pays pour partir à l’aventure du monde tout en poursuivant le travail d’information et de traduction du Japonais qu’il avait initié sur place.

Une nouvelle poutrelle repérée par Tepco dans l’angle Nord-Est de la piscine n°. 3

L’opérateur de la centrale accidentée de Fukushima-Daiichi poursuit ses repérages au niveau de la piscine de désactivation n°. 3 ; une troisième poutrelle a ainsi été découverte hier au niveau de l’angle Nord-Est du bassin. Il est probable que d’autres poutrelles seront éparpillées un peu partout dans la piscine dont Tepco n’a exploré qu’environ 1/5ème de la surface qui représente environ 120 m2.

Des vidéos toujours aussi intrigantes

La vidéo n°. 4 ci-dessous permet de bien visualiser une des poutrelles, de dimensions imposantes et d’un poids probablement en rapport (0:15) ; il pourrait également s’agir du rail de la machine de chargement de combustible (FHM) qui pourrait être tombée avec cette dernière dans la piscine n°. 3

L’une des extrémités de cette poutrelle en « H » semble reposer directement sur le groupe de paniers de combustible situé le plus à l’Est du bassin (0:59). Voir le schéma ci-dessus, poutrelle bleue de droite ?

Une autre vidéo permet de visualiser de manière parfaite (0:34) la partie supérieure de plusieurs assemblages de combustible irradié complétement recouverte par des gravats divers. Sachant que les paniers « haute densité » utilisés à Fukushima-Daiichi ne sont ouverts qu’aux extrémités (1), ceci ne facilite certainement pas la convection de l’eau à l’intérieur des paniers.

Dans une autre séquence de la vidéo ci-dessous, la caméra sous-marine s’attarde longuement sur la partie médiane d’un panier de combustible contre lequel une poutrelle en « H » s’est adossé à la suite de sa chute dans la piscine. Il est très difficile de déterminer si le combustible est endommagé ou non sur la simple base des images présentées (0:56).

La séquence suivante (0:33) nous présente ce qui pourrait ressembler au renfort extérieur du rack mais dont la section carrée et les dimensions correspondent curieusement à ceux des paniers. Pourrait-il s’agir d’un des fameux assemblages hypothétiquement « éjectés » du rack à la suite de l’explosion du 14 mars ? Le fait est que les détails de la partie pliée correspondent un peu trop parfaitement à ceux des paniers…

Plus tard sur la même vidéo (2:36), la caméra repasse au niveau du tube plié ce qui permet de constater que sa partie inférieure semble endommagée (morcelée). Peu de temps après, (3:10) la caméra pivote sur un axe horizontal et nous observons ce qu’un commentateur à reconnu comme une source d’éclairage, objet qui ne ferait donc pas partie à priori des paniers de combustible.

Cette séquence offre de nouveau un panorama sur les très nombreux débris obstruant la partie supérieure de certains assemblages de combustible.

La vidéo suivante offre un plan prolongé sur ce qui pourrait être la longue poutrelle transversale bleue figurant sur le premier schéma du billet. Pas très épaisse, mais longue…

Source originale des vidéos : Tepco


(1) Les paniers Haute Densité sont fermés sur les côtés, à l’opposé des paniers standards qui sont ajourés

(2) Equipment Hatch : 2 énormes sas (4m de diamètre de mémoire) traversant le confinement et permettant d’y manœuvrer les équipements lourds

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Si vous avez repéré une erreur dans le billet ci-dessus, merci de la reporter en surlignant le passage concerné à la souris puis en appuyant sur Shift + E ou en cliquant sur Signaler une erreur pour nous informer.

  • yoann

    « on remarquera que l’image est d’assez mauvaise qualité (brouillard ?)
    mais que les pixels de photons sont assez peu nombreux, indice d’une
    radioactivité modérée au niveau du confinement »

    Deux hypothèses :

    - Tepco utilise des fibres optiques spéciales (caméra) capable de transporter l’image d’une prise de vue vers un caméra haute sensibilité situé loin de toutes sources radioactives.

    - Les caméras hautes vitesses équipées de filtre numérique de bruit puissant. Le résultat de ce type de caméra en présence de source radioactive importante est un léger « flou » de l’image et une très faible pixelisation (visible semble t’il sur certaines séquences).

    Dans les deux cas, il n’est plus possible d’évaluer le niveau de radioactivité par l’observation du bruit sur l’image. Mais le but est d’obtenir une image nettement plus exploitable.

    Le seule moyen d’avoir une idée de niveau de radioactivité serait de connaître le nombre de panne enregistré sur le matériel vidéo utilisé.

    Ou peut être d’inverser le filtre et d’exagérer le bruit numérique des séquences relâchés par TEPCO (la signature du bruit normal de fonctionnement est identique excepté en présence de radioactivité). Cette méthode n’est pas garantie.

    Enfin le problème de ces séquences…c’est qu’elles ne montrent pas grand chose…

    A peu près certains que le plus intéressant reste bloqué chez TEPCO.

    Salutations

    • trifouillax

      Oui Yoann Tepco a très peu communiqué – à la différence de l’endoscopie de l’unité n°. 2 – sur le matériel utilisé pour l’opération. Les images sont effectivement floues, un peu « dans le brouillard », elles ne ressemblent pas vraiment à celles des opérations précédentes, très nettes mais également plus « bruitées » par la RA. Probablement une caméra fibre optique ?

      Tout à fait d’accord par ailleurs sur l’essentiel des plans « intéressants » non communiqués par Tepco, sûrement pour des raisons de sécurité nationale…

      Merci pour ce partage,
      Trifou