Quoi de neuf à Fukushima-Daiichi – J+565

L'affaire de la poutrelle tombée accidentellement samedi 22 dans la piscine SFP3 de Fukushima-Daiichi

Le 22 septembre, l'opérateur affecté à la conduite de la grue télécommandée chargée de déblayer les débris du bâtiment-réacteur n°. 3 de Fukushima-Daiichi n'a pas été très inspiré : en tentant d'attraper à l'aide de son crochet une poutrelle mesurant 7 m et pesant environ 500 kg, cette dernière a malencontreusement glissé dans la piscine n°.3.

Tepco a indiqué ignorer si cet incident a provoqué de nouveaux dégâts dans la piscine concernée alors que l'ex-NISA (future NSC) a signalé de son côté déplorer cet incident "extrêmement regrettable" et avoir diligenté une enquête auprès de l'opérateur ; il est probable que la faute ne soit attribuée – un peu facilement – à une personne manœuvrant dans des conditions très difficiles un engin plus que récalcitrant.

Source : ex-skf

Une autre vidéo de la SFP3 présente un détail bizarre

Dans un autre vidéo tournée cette-fois ci à l'intérieur du bassin SFP3, on distingue vers 3:04 un orifice circulaire dont les contours semblent étrangement irréguliers.

Quoi de neuf à Fukushima-Daiichi - semaine 39 Des contours forts irréguliers au niveau de cette large ouverture circulaire (cliquer sur la photo pour visionner la vidéo sur Youtube)

La caméra pivotant sur un axe vertical, il est difficile d'imaginer de quelle partie de la SFP il peut bien s'agir mais l'ouverture circulaire de forme très irrégulière semble très intrigante.

Une dizaine de poutrelles au total pourraient être tombées dans la piscine SFP3

Tepco a débuté avant-hier l'exploration vidéo de la piscine n°. 3 ; l'investigation effectuée hier se concentrait apparemment au niveau des racks de transfert et de stockage de barres se situant dans le secteur Nord-Est du bassin de combustible.

Une petite partie du bassin a été explorée à l'aide d'une caméra vidéo installée sur le filin raccordé à la  flèche d'une grue ; trois poutrelles ont d'ores et déjà pu être identifiées dont l'une est immédiatement posée sur un rack de transfert situé à l’extrême Est, au niveau de la machine de préparation du combustible.

D'après la NHK, Tepco ignorerait toujours la position de la poutrelle tombée dans le bassin le 22 mais l'opérateur s'attendrait à une dégradation d'une partie du combustible au point d'impact de l'objet même si les paramètres de radioactivité sembleraient constants au niveau de la piscine.

Source : Physics-Forum, 26/9 (anglais)

La ville de Futaba a été soumise à un débit de dose de 1.6 mSv/h le 12 mars 2011

La préfecture de Fukushima a révélé samedi qu'un débit de dose de 1.6 mSv/h a été officiellement mesuré le 12 mars 2011 vers 15h à Kamihatori, un district de la ville de Futaba situé à environ 6 km de la centrale de Fukushima-Daiichi. Exactement 24h plus tôt (le 11/3/11 à 15h30), la centrale connaissait le début de son SBO (1) et quelques minutes plus tard (le 12/3/11 à 15h36), le bâtiment-réacteur n°. 1 explosait.

L'exposition à cette dose de 1.6 mSv/h conduisit à dépasser en 37 minutes le seuil maximal de radioactivité admis pour la population pour une année (2). La population concernée de Futaba  n'a été évacuée – livrée à elle-même dans une panique totale – que l'après midi du 12 mars après que le zonage "rouge" ait été étendu de 3 à 10 km dans la matinée du même jour.

Source : Kyodo News, 22/9 (anglais)

Lire également :

Le calvaire des évacués de Futaba, gen4, 12/4/12

Ce qui nous arrive est inimaginable !, gen4, 25/6/12


(1) SBO (Station BlackOut) : perte de l'ensemble des moyens d'alimentation électriques, la première des cinq sources d'accidents majeurs répertoriés ; elle induit souvent la forme accidentelle la plus sévère car elle peut affecter plusieurs tranches différentes sur un même site, déclenchant  ainsi un accident majeur multiple, le niveau 8 de la future échelle INES réformée (PJ)

(2) 1 mSv/an, hors RA "naturelle"

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  • lp

    Pour l’ouverture intrigante : ce n’est pas le dos d’un lampe d’éclairage ?….

    • trifouillax

      Bien vu pour le spot d’éclairage ! En revisionnant la vidéo on constate effectivement que l’objet bouge apparemment en même temps que la caméra, il doit donc y être rattaché.

  • pop

    ne devraient-ils pas attraper ces déchets avec un palan magnétique ? la poutre ne serait jamais tombée.

    • trifouillax

      Un électro-aimant ? Il y a certainement une contre-indication dans cet environnement sinon Tepco l’utiliserait probablement ; de plus la manœuvre à distance ne doit vraiment pas simplifier le contrôle de l’opération…

      Cordialement,
      Trifou

  • http://www.facebook.com/sierraecho79 Etienne Servant

    Bonjour, vous n’évoquez pas la présence de nombreux gravas qui ralentissent la convection dans les paniers à combustible ? , la température générale de l’eau du bassin peut elle toujours être considérée comme valable , ou bien des point de chauffe peuvent ils apparaître au niveau de ces points de contact , et principalement sous les gravas ?

    • trifouillax

      Oui Étienne, les paniers borés dépendent intégralement des 2 ouvertures aux extrémités pour la convection ; si la partie supérieure est bouchée alors la convection du combustible est d’autant plus délicate, des points chauds peuvent se former, etc. Heureusement chaque jour qui passe voit la menace du combustible irradié s’éliminer petit à petit aussi le temps travaille pour Tepco, sauf accident notoire…

      Cordialement,
      Trifou

  • Roland

    La situation est toujours aussi préoccupante. L’exploitant peine à nous éclairer sur la situation réelle. A-t-il résolu les problèmes de formation de la nouvelle génération de « liquidateurs » ?

  • http://www.facebook.com/sierraecho79 Etienne Servant

    Bonsoir, merci pour la réponse une autre question , les différents chocs subis par les assemblages ne risquent ils pas en changeant la  » géométrie  » de provoquer un départ de criticité ?

    • trifouillax

      AMHA la géométrie des paniers a déjà été bien bricolée en modifiant les paniers en haute densité et, jusqu’à Fukushima, pas d’incident / accident de piscine à déplorer… Le combustible est d’autre part déjà bien « brulé » (activé) quand il part en piscine ; Il est donc – beaucoup – plus radioactif du fait de l’incorporation de produits de fission et d’activation mais moins « chatouilleux » au niveau d’une reprise accidentelle de criticité, enfin il me semble…

  • stan randour

    Bonjour, j’ai vu un jour des archéologues sous-marins faire des fouilles dans les sables avec une sorte de pompe à gravats. Un tel système serait-il envisageable dans le cas des débris des piscines à combustible et de désactivation des déchets radioactifs ?

    • Lionel F.

      L’objectif de ces pompes est de récupérer les déchets qui intéressent les archéologues.
      Dans le cas présent on s’intéresse plus à ce qui est sous les déchets et si on les aspire ce qui permettraient peut-être d’y voir plus clair, on ne saurait pas bien quoi en faire, genre patate très chaude…