Partager la publication « Fukushima : des rumeurs concernant un nouvelle explosion incendient certains sites alternatifs »
Ces derniers jours, les rumeurs les plus alarmantes sur l’état des réacteurs de Fukushima-Daiichi couraient sur certains sites spécialisés, informations parfois relayées dans les MSM eux-mêmes (1). Voici quelques exemples de ces titres plus ou moins sensationnels pêchés au fil de l’Internet :
Une faille du deccanherald exploitée par un plaisantin malveillant
Le quotidien en ligne Indien deccanherald a participé involontairement au déploiement de ces rumeurs en laissant trainer de vieilles dépêches non datées (celle évoquée ci-dessous remonte en fait au 12/3/2011) et en permettant de les « habiller » avec la date du jour. Les observateurs les plus attentifs auront remarqué que M. Edano n’est plus le secrétaire général du cabinet Japonais depuis septembre 2011…
Arnie Gundersen évoque longuement l’état de l’ex-unité n°. 4 dans son podcast du 21 octobre
En expliquant qu’il n’était initialement pas au courant de cette information particulière, Arnie Gundersen s’est dit « très concerné » par les nouveau développements de l’accident de Fukushima en revenant longuement sur l’état de l’unité n°. 4, le « dragon endormi » dans son dernier podcast daté du 21 octobre (anglais).
Sur CBN, un américain au Japon évoque des cerveaux Japonais lavés ou plutôt « fondus »
Un peu plus calmement, cet expatrié résident à Nagano (2) évoque l’état d’esprit des Japonais touchés par la catastrophe de Fukushima-Daiichi : il les perçoit comme soit effondrés et incapables d’appréhender la situation, soit croyant aveuglément aux nouveaux discours tenus par les mêmes personnes qui leur avaient menti auparavant, avant et pendant la phase critique de la crise nucléaire. Dans les deux cas, la gravité potentielle de la situation leur passe largement au-dessus de la tête !
Pourquoi certaines folles rumeurs se répandent-elles aussi rapidement ?
Tout simplement à cause d’un déficit d’information continuel depuis le début de la crise nucléaire : Les autorités et l’opérateur n’ont communiqué que tardivement des informations qu’ils avaient pourtant en leur possession, rendant ainsi les populations tributaires de réseaux auxiliaires qui peuvent parfois véhiculer le meilleur mais souvent se contentent de répéter le pire…
Les exemples de mauvaise communication officielle sont légion, rappelons-en quelques-uns pour mémoire : les ratés de l’évacuation initiale, les simulations alarmantes du système speedy non communiquées au public, le fiasco des pastilles d’iode, la minimisation constante des dangers représentés par la contamination et l’irradiation, l’affaire de la fumée « noire » constatée suite à l’explosion du réacteur n°. 3 le 14 mars 2011, les cartes de débits de dose bricolées, les postes de surveillance de la radioactivité blindés… Face à ces « loupés officiels » qui ont régulièrement accompagné chaque étape du développement de la catastrophe, les Japonais – et les citoyens du monde – ont naturellement recherché ailleurs ce qu’ils ne pouvaient trouver par les circuits d’information officiels, publics et privés, quitte à avoir parfois recours à des sources parfois délirantes ou encore pire, mal intentionnées.
Ce qu’il s’est réellement passé d’inquiétant à Fukushima-Daiichi ces derniers jours
- Le 19 octobre, un départ de feu inexpliqué touchait une zone située entre l’ex-réacteur n°. 2 et le poste électrique commun 1/2
- Le 18 octobre, un nuage de fumée / vapeur semblant provenir de l’ex-unité n°. 3 était repéré sur la TbsCam
C’est tout et c’est très maigre, aucun événement majeur ni exceptionnel à se mettre sous la dent !
Le piège de la surinformation
Le danger évident de cette surinformation orchestrée par on ne sait qui suivant du doigt on ne sait quel agenda est évident : démolir un tel ramassis de sornettes est si facile que l’on peut craindre que le phénomène, s’il se reproduit trop fréquemment (3), ne vienne perturber voire s’opposer à la diffusion ultérieure d’incidents ou d’accidents cachés ou obscurcis par les autorités mais bien réels : qui diable pourrait avoir intérêt à tenter de discréditer ainsi « d’avance » les sources d’information alternatives ?
La voix de l’apocalypse : « Courez, comme si vous aviez la mort aux trousses ! » (Chicken little, 1943)
(1) Main Stream Media, grands réseaux d’information, agences de presse…
(2) Nagano se situe à 250 km au S/O de Fukushima-Daiichi
(3) cf. le billet du 14 janvier 2012 sur le même sujet
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Le blog français des veilleurs de Fukushima