Science : d’après une méta-étude, le premier Becquerel serait bel et bien dangereux

Une méta-analyse scientifique affirme qu’aucune dose de radioactivité n’est anodine

[pullquote]46 études scientifiques s’étendant sur une quarantaine d’années[/pullquote]Même les très bas niveaux de radioactivité sont dangereux pour la santé humaine, affirment deux scientifiques réputés. Leur analyse a porté sur une quarantaine d’études s’étalant sur autant d’années et effectuées dans des pays divers dont les disparités de radioactivité « naturelle » 1 sont significatives 2.

Une couche de validation scientifique supplémentaire

Le Professeur Timothy Mousseau 3 et son collègue Anders P. Moller 4 ont ainsi passé en revue une quarantaine d’études épidémiologiques, les revalidant sur le plan scientifique une seconde fois après leur publication initiale.

Chaque étude indépendante validée pour la méta-analyse a du notamment comporter :

- Un échantillon significatif de population (la cohorte) exposée involontairement à des irradiations naturelles quantifiables (fréquemment des descendants Alpha d’actinides majeurs comme le Radon, le Thoron…)

- Un groupe de contrôle géographiquement et socialement proche exposé à des doses plus faibles voire courantes de radioactivité

- Une quantification rigoureuse de ces différentes doses d’exposition dans les différents groupes

- Des résultats statistiques suffisamment détaillés permettant de rapprocher les différents résultats

- Au moins une conséquence susceptible d’être radio-induite, par exemple des modifications génétiques cellulaires, la prévalence de cancers, leucémies ou encore de malformations congénitales comme la Trisomie 21 (Downs Syndrom) ou la polydactilie (doigts ou orteils surnuméraires)

Des méta-résultats statistiquement significatifs…

Non seulement les études initiales se sont ainsi vues confirmées sur le plan statistique mais leur compilation ont également permis de franchir la barrière du doute, du hasard et des explications alternatives : le lien entre la radioactivité et l’apparition de maladies est a priori devenu incontestable, à moins de remettre en cause à la fois l’étude de Moller & Rousseau et les études initiales, ce qui commencerait à faire beaucoup de travail…

Et l’amplification de tendances auparavant peu évidentes

Cette compilation d’études scientifiques a également permis d’éliminer le « facteur de bruit » qui entravait fréquemment les études initiales en augmentant considérablement la portée des comparaisons effectuées entre les différents groupes : comme les effets constatés restent relativement faibles, il est nécessaire pour les mettre en évidence de travailler sur des échantillons de population importants, ce qui n’est pas toujours facile dans le cadre d’une étude épidémiologique nationale ou mineure 5.

Les effets constatés

Les catégories d’affections ainsi corrélées par l’étude de Mousseau sont nombreuses : maladies immunitaires, effets physiologiques, mutations cellulaires, maladies diverses et parfois inattendues… L’amplification fournie par la méta-analyse permet de révéler des corrélations qui étaient auparavant incertaines et de ce fait très critiquées par une partie des analystes scientifiques.

Aucun effet de seuil

[pullquote]Aucun effet de seuil identifiable sur les faibles doses[/pullquote]Le Professeur Mousseau est catégorique : à la suite de la méta-étude effectuée, AUCUN effet de seuil n’a pu être mis en évidence, fermez le ban. La théorie relativement récente et inattendue selon laquelle de faibles doses de radioactivité seraient sans conséquences aucunes sur le plan sanitaire 6 voire même dans certains cas bénéfiques (théorie de l’effet Hormésis) se trouve ainsi une nouvelle fois contredite.

Vingt fois le bruit de fond, c’est vingt fois plus d’affections radioinduites dans la population !

Si nous reprenons l’analyse étonnante des autorités Japonaises et reprises par une partie de la communauté scientifique selon laquelle des populations exposées à moins de 20 mSv / an (radioactivité pré-accidentelle déduite) seraient miraculeusement à l’abri de toute affection radio-induite, nous en tirons évidemment – à l’éclairage de cette étude – la conclusion évidente qu’il ne s’agit de rien d’autre que d’un mensonge d’État, dénué de toute valeur scientifique et qui ne vise qu’à rassurer une population en souffrance et surtout, surtout à limiter le montant des énormes compensations financières versées par l’opérateur récemment nationalisé 7.


Science : d'après une méta-étude, le premier Becquerel est bien dangereux

L’étude originale (consultation intégrale payante)


Sources :

Even Low-Level Radioactivity is Damaging, Scientists conclude, sciencedaily, 13/11/12

The effects of natural variation in background radioactivity on humans, animals and other organisms, Tim. Mousseau (USC) & Anders P. Moeller (CNRS, UPS), onlinelibrary, 8/11/12

Event Tiny Level of Radiation is Harmful, radiologydaily, 15/11/12


(1454)

  1. Nous guillemons à propos car il arrive que la RA naturelle soit nettement aggravée par les trifouillages humains, par exemple la radiocontamination au Radon-222 et dans une moindre mesure du Radon-220 encore appelé « Thoron », isotope descendant quant à lui de la chaine du Thorium, nettement moins prospecté et dont la prospection uranifère effrénée a un temps participé à la dispersion
  2. Notamment la France (Lodève), l’Iran (Ramsar), le Keynya (Monbasa) et la Chine (Yangjiang)
  3. Biologiste basé à l’Université de Caroline du Sud, Timothy Mousseau a déjà travaillé sur les conséquences de la catastrophe Fukushima, notamment dans une étude sur les oiseaux co-financée par le CNRS
  4. CNRS, Université de Paris-Sud
  5. Par opposition aux études épidémiologiques majeures dont les effets sont importants voire dramatiques, comme les maladies contagieuses
  6. Théorie reprise ad nauseam à la suite de la catastrophe de Fukushima-Daiichi
  7. Estimation de 5 trillions de Yens en 2011 / 2012 soit environ 65 milliards de dollars US.

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13 thoughts on “Science : d’après une méta-étude, le premier Becquerel serait bel et bien dangereux

  1. Pourtant je vois que des gens du secteur s’engagent pour la santé, comme la fondation Areva…

    « La Fondation soutient des actions ciblées et concrètes qui s’inscrivent dans la durée et bénéficient en priorité aux enfants, aux femmes et aux étudiants. Trois domaines d’action : l’éducation, la santé et la culture. »

    J’ignorais l’existence de cette fondation, mais mon attention a été interpellée hier soir par une pub pour l’expo sur le thé au Musée des arts asiatiques… en bas laquelle on pouvait voir le fameux A du logo rouge saignant d’Areva (à quand un partenariat entre Areva et la Maison du Japon à Paris ?…).

    Je suis navrée, c’est hors sujet, mais c’est vomitif, et tout cela, l’omniprésence abjecte de ce « A », dans le sport (partenariat immonde FFAreva) et maintenant les arts, est insupportable. Ça banalise cette entreprise, la rend toujours plus blanche, plus vierge, en fait une gentille entreprise comme une autre, mécène des arts, de la culture et de la santé (!) qui plus est…

    • Merci pour ce partage, l’argent autorise hélas beaucoup d’hypocrisies de ce genre ; dans le même registre je suis très songeur en écoutant notre président vanter les qualités du nucléaire français pour équiper des pays émergents tout en reconnaissant que la France ferait mieux, à la réflexion, de s’en séparer définitivement. Ça, c’est du grand écart ! Et ne parlons même pas des « marchés » de l’armement pour ne pas pourrir définitivement la soirée.

      Trifou

  2. Une seule solution : évacuons la Bretagne !

    Nom d’un chien, à quoi sert de vouloir se prémunir de cer premier becquerel, alors que nous l’hébergeons en notre sein, sous forme de K40 et de C14 par exemple, corps radioactifs qui préexistaient en l’homme avant les centrales nucléaires !
    C’est lequel qui ce premier Bq ?

    • Bonsoir,

      Le K-40 n’est pas très radiotoxique, il s’évacue rapidement de l’organisme, idem pour le C-14 (tableau 3 = radiotoxicité modérée).

      Le problème des radon / thoron est gérable par une bonne information de la population, l’application des seuils les plus bas possibles (seuil OMS de 100 Bq/m3 contre 200 Bq/m3 au Canada et… 400 en France) et quelques aménagements simples le cas échéant. Inutile d’évacuer arbitrairement la Bretagne ou le Nouveau-Brunswick ! Maintenant, une évacuation volontaire, pourquoi pas, il suffit simplement de présenter honnêtement les faits et les chiffres à des personnes adultes qui décideront ensuite en leur âme et conscience ?

      Ce qui est par contre parfaitement détestable, c’est de compliquer artificiellement le tableau par l’apport constant et journalier de nouveaux radionucléides bien plus nocifs comme les transuraniens même en quantité infinitésimale ou encore des nuées de gaz rares que l’on présente comme très peu radiotoxiques… Si les quantités relâchées par l’industrie électronucléaire n’étaient pas astronomiques.

      Ce sont ceux-là, les premiers Becquerels « raisonnables » dans mon esprit – ou plutôt « déraisonnables », si vous voulez.

      Cordialement,
      Trifou

      • « Le K-40 n’est pas très radiotoxique, il s’évacue rapidement de l’organisme »

        Mais en attendant qu’il s’évacue, combien en avons-nous dans le corps?

      • Une dose représentant environ 0.5 mSv/an soit environ 2.5 fois moins que le Radon (1.3 mSv/an), un peu moins que les imageries et thérapies médicales (0.6 mSv/an) et guère plus que les Muons (0.4 mSv/an). Ces chiffres sont ceux du WHO.

        Trifou

      • on n’évacue pas le K40, ne serait-ce que parce qu’on le renouvelle à chaque repas. Ce qui fait qu’à chaque fois que je passe mon anthropogammamétrie, il y en a toujours autant, idem pour le C14. Ce dernier ne décroitra qu’après ma mort, ce qui permettra (peut-être) à un Indiana Jones du futur de me dater dans les 50 000 années suivantes.
        Que les émetteurs soient artificiels ou non ne rentre pas dans le cadre du débat sur la dangerosité. Seule compte la nature et l’énergie de la particule. Par contre, on peut regretter qu’il en soit produit.
        Amicalement

  3. « le lien entre la radioactivité et l’apparition de maladies est a priori devenu incontestable, à moins de remettre en cause à la fois l’étude de Moller & Rousseau et les études initiales »

    Cette phrase est ridicule.

    Si la méta analyse est bidon, il n’est pas utile de remettre en cause toutes les études qu’elle compile. Il suffit de remettre en cause la méta-analyse.

    Tout votre site est comme ça?

    • Lisez la phrase avant de cracher votre venin, elle vise un lien entre radioactivité et maladie et non telle ou telle étude.

      Tout votre raisonnement est comme ça ?

      Trifou

  4. Linéaire sans seuil.

    C’est la conclusion donné à de nombreuses études sur la détermination de la dose minimale toxique d’une exposition ou contamination par des radio-éléments.

    Cette conclusion est la même que cette article.

    C’est à dire que quelques soient la dose reçu, il y a un impact négatif sur l’organisme. Par conséquent aucune limite fixe n’a été préconisé outre limiter et justifier au maximum l’exposition.

    Après je ne parlerais pas du principe d’action ALARA qui est perfectible, abusif, et remet en cause le droit à l’auto-détermination.

  5. Bonsoir,

    Il me semble qu’il existe des similitudes entre la répartition des foyers de mucoviscidose en Bretagne (ou de dysplasie de la hanche) (carte trouvée dans un article du Télégramme, ici: http://www.letelegramme.com/ig/generales/regions/bretagne/mucoviscidose-la-genealogie-sur-la-piste-du-gene-19-04-2012-1674312.php)

    et la répartition des zones où la radioactivité naturelle est la plus grande (carte trouvée ici:

    http://www.irsn.fr/FR/base_de_connaissances/Environnement/radioactivite-environnement/radon/PublishingImages/irsn_figure1-potentiel-radon-formations-geologiques.jpg
    Bien sur, l’origine de ces affections est purement génétique et personne ne semble faire de rapprochement…