Un porte-parole de la commission d'enquête indépendante Japonaise sur l'accident a estimé aujourd'hui que la NISA (Commission de Sécurité Nucléaire Japonaise) avait agi de manière particulièrement inappropriée (1) en annonçant très rapidement une fusion de cœur nucléaire (meltdown (2)) à Fukushima-Daiichi avant de revenir sur cette déclaration peu après. [caption id="attachment_1272" align="aligncenter" width="523"] Le fil d'infos "Ouest-France" du 12 mars 2011[/caption]

12 mars 2011 : la NISA annonce explicitement une fusion de cœur avec écroulement sur 1F1

Lors de la conférence de presse du 12 mars, à 1325I (3), le porte-parole de la NISA Koichimo Nakamura annonçait explicitement que : "L'explosion de l'unité n°. 1 ne pouvait avoir pour cause qu'une fusion du cœur du réacteur". [caption id="attachment_1273" align="aligncenter" width="596"] La NISA confirme le meltdown (STRATFOR / NIKKEI)[/caption] La seconde partie de l'article ci-dessus évoque une mésentente probable entre Yukio Edano, alors porte-parole du cabinet de M. Kan - qui évoquait le même jour un accident mineur - et les responsables de la commission de sécurité Japonaise. Même à ce jour, il n'est pas clairement défini si la NISA avait alors voulu court-circuiter le cabinet Japonais ou s'il s'agissait d'un simple manque de communication et de coordination, dans un contexte de panique générale.

Rétropédalage ultérieur

Quelques jours plus tard, la même NISA, probablement recadrée par le cabinet de M. Kan, revenait sur ses précédentes déclarations en reconnaissant simplement le "bruit d'une explosion" au niveau de l'unité n°. 1 le 12 mars à 1536. [caption id="attachment_1274" align="aligncenter" width="640"] Bulletin NISA du 21 mars 2011 (US EMB. of Tokyo)[/caption]

Le fin mot de l'histoire ?

Il est possible que MM. Kan et Edano se soient vus très contrariés d'être court-circuités par une annonce directe et prématurée de la fusion des coeurs par la NISA alors que le gouvernement n'avait lui-même, malgré le déplacement de M. Kan le même jour sur le site, aucune idée de ce qui se passait réellement dans les entrailles de l'unité n°. 1. Rappelons que cette unité n°. 1 était non seulement la plus ancienne du site de Fukushima-Daiichi mais également celle qui a résisté le moins longtemps à la coupure électrique générale, phénomène hautement paradoxal au niveau de l'un des vingt-cinq principaux centres de production d'électricité du monde...

La commission d'enquête indépendante semble décidément vouloir aller au fond des choses

Malgré des moyens d'investigations assez limités, cette commission indépendante semble être celle qui a rendu la copie la plus intéressante car la plus indépendante sur cette catastrophe, peut-être même plus offensive vis-à-vis des autorités Japonaises que celles publiées à l'étranger. Nous vous invitons à consulter à ce sujet la page spéciale consacrée à l'analyse des conclusions de cette commission publiée sous la plume de Jean-Marc Royer sur le site de notre ami Pierre Fetet.
(1) Ce qui équivaut en fait  une réprimande assez sévère dans un langage Japonais très châtié (2) Meltdown : fusion de combustible de réacteur nucléaire avec écroulement du cœur / corium en bas de la cuve principale ; il s'agit de l'accident le plus grave dans la longue liste des incidents / accidents liés à l'exploitation de l'électronucléaire (3) Heure "I" = heure "JST" = heure de Tokyo = UTC + 9
Source : jijipress, 23 juillet, anglais