Le Japon affronte depuis quelques jours un épisode de mousson particulièrement agressif : après le passage récent de 2 typhons qui ont déjà copieusement rempli les nappes phréatiques, le Sud de l'ile de Kyushu est frappé par des pluies diluviennes. [caption id="attachment_1100" align="aligncenter" width="536"] Le Sud du Japon (Kyushu) est particulièrement touché alors que le Nord (Honshu) est épargné par les intempéries actuelles (meteoconsult)[/caption] Les régions du Sud du Japon sont les plus touchées : Osaka, Kagoshima, Nagasaki, Miyazaki, Oita. [caption id="attachment_1101" align="aligncenter" width="548"] Les régions les plus touchées (TV5/AFP)[/caption]

Aucune information sur les centrales nucléaires Japonaises exposées aux intempéries

La partie Sud des iles du Japon abrite de nombreuses centrales nucléaires dont une très forte concentration dans la région d'Osaka (13 réacteurs à Ohi, Mihama, Tahakama, Shimane). [caption id="attachment_1102" align="aligncenter" width="688"] Carte des centrales Japonaises (JNPP)[/caption]

De ces 13 réacteurs exposés, seul Ohi 3 est en production actuellement

L'unité n°. 3 d'Ohi est la seule a avoir été remise online il y a quelques jours ce qui n'empêche pas les autres unités de tourner "au ralenti" car il faut compter plusieurs semaines d'attente avant de pouvoir considérer qu'un réacteur nucléaire est vraiment "froid" et nécessite un peu moins d'attention. En fait, la situation est un peu plus complexe : plus le combustible sera irradié (brulé), plus les produits de fission et d'activation seront nombreux dans les assemblages et ce sont bien ces derniers qui augmenteront d'autant la durée de la période transitoire entre le "stop" et l'arrêt du réacteur compatible avec le chargement / déchargement du combustible ou des opérations de maintenance par exemple.

La double discrétion Japonaise sur le danger nucléaire

Il n'est pas interdit de penser que les opérateurs Japonais confrontés à des dangers liés aux inondations ne fassent, fidèles à leurs habitudes passées, que des rapports d'incidents tardifs et incomplets ; à ce premier niveau de freinage s'ajouterait probablement un second niveau institutionnel : il paraît impensable d'évoquer trop vite officiellement de nouveaux problèmes sur des sites nucléaires au Japon, en pleine campagne de redémarrage de réacteurs. L'exemple des ennuis de la centrale d'Oganawa en avril 2011 est d'ailleurs édifiant : tandis que le combustible en piscine affrontait très probablement des problèmes importants, l'opérateur plaçait la radioactivité constatée sur le site sur le dos de l'explosion récente de la centrale de Fukushima-Daiichi ! La situation météorologique extrême devrait s'améliorer durant quelques jours mais les intempéries pourraient reprendre en fin de semaine avec des orages annoncés sur le Sud du Japon. [caption id="attachment_1107" align="aligncenter" width="549"] Prévisions météo 7 jours Japon (tameteo)[/caption]   Sources : citées respectivement  dans les photos "Les bases de la technologie des réacteurs", AREVA, 2003