Un ancien membre de la CFSN dénonce le copinage privé-public du village nucléaire
Le géologue Marcos Buser, spécialiste des déchets nucléaires, a démissionné en juin 2012 de son poste de membre de la CFSN (1) afin de protester officiellement contre les copinages (2) privés-public affectant le domaine de la gestion des déchets du village nucléaire en Suisse. M. Buser estime que l'exploitant semi-privé, la société mixte NAGRA (3), "dicte" en fait ses consignes aux autorités qui sont censées la contrôler.Un éclairant "circuit court" des PV. de réunion annotés par le contrôlé pour action du contrôleur !
M. Buser a présenté plusieurs documents attestant de la manipulation évidente des procès-verbaux de réunion : l'organisme administratif gérant ces documents, l'IFSN (4) remettrait en fait une pré-copie des débats à l'opérateur NAGRA qui l'annoterait avant de la retourner à l'émetteur en portant un certain nombre de "recommandations" dans la marge ; ledit document serait ensuite éventuellement modifié avant que la version définitive ne soit enfin transmise à tous les intéressés. Il ne s'agit pas en l'occurrence de corriger de futiles fautes de frappe mais bien d'agir sur le fond même des débats en tentant par exemple de court-circuiter les opinions émises par les experts indépendants de la CFSN. Dans le PV. du 17/12/2010, la NAGRA a ainsi annoté en marge de la demande de la CFSN de prolonger le calendrier de désignation des sites de stockage de déchets :"Ce paragraphe n'est pas pertinent et nous demandons qu'il soit annulé"La NAGRA interviendrait ainsi régulièrement afin de solliciter des manipulations de compte-rendu de réunions, attitude qui a provoqué la colère et la démission de MM. Buser et Wildi.
Les annotateurs masqués identifiés comme des cadres ou des scientifiques de la NAGRA
Malgré l'emploi - illégal - d'un processus d'anonymisation (4), les mystérieux commentateurs ont été formellement identifiés par l'enquête effectuée par "la Tribune de Genève" comme faisant partie des équipes de direction ou de soutien technique de la société mixte NAGRA.Petites annotations, grands effets
L'infiltration des équipes censées superviser la gestion des déchets nucléaires en Suisse est si manifeste que l'on peut se demander si cette pratique ne s'étend pas à l'ensemble des problématiques électronucléaires du pays ; le fait que le gouvernement fédéral ait décrété l'abandon progressif de la filière électronucléaire avec l'arrêt du dernier des 5 réacteurs nucléaires suisses programmé en 2034 n'empêche apparemment pas les thuriféraires du village nucléaire de poursuivre leur tentative de domination sur l'autorité publique, et d'avoir probablement "annoté" de même la décision rendue par le conseil fédéral en mai 2011 en réaction au drame nucléaire de Fukushima-Daiichi.
(1) Démission suivies de celles des professeurs Tanja Manser (psychologue) et Walter Wildi (géologue) (2) Filz en Allemand (4) IFSN, Inspection Fédérale de la Sûreté Nucléaire, vous suivez toujours ? (3) Plus précisément sous la forme d'une "coopérative privé-public" incluant opérateurs privés et autorités cantonales (4) "Utilisateur" n°. 1, 2, 3... Ce type de pseudonyme étant interdit par la réglementation Suisse dans des documents officiels Sources : "Il dénonce le copinage dans le nucléaire Suisse", La Tribune de Genève, 10/9/12 "Dénigrement et désinformation des médias Suisses sur le nucléaire", les observateurs.ch, 23/7/12 "Déchets nucléaires en Suisse", sortirdunucléaire.org, 12/7/12
